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TPME : l’e-paiement, un booster d’accès au financement
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Le paiement électronique pourrait ouvrir la voie au financement pour des milliers d’acteurs économiques, notamment les petits commerçants et les TPME. C’est l’avis croisé des experts Miloud Hrila et de Mohammed Abouchikhi.
Miloud Hrila, responsable Cash management à la Banque Centrale Populaire, rappelle au micro de H24Info que le Maroc a construit son modèle économique en intégrant la digitalisation comme pilier central. Celle-ci concerne aussi bien les flux de paiement dans le secteur financier que les transactions dans l’économie réelle. Selon lui, cette dynamique permet de toucher des publics jusqu’ici peu intégrés dans les circuits bancaires, notamment les populations rurales et les petits commerçants, et même les TPME.
«Le Maroc a construit son modèle économique en s’appuyant, entre autres, sur la digitalisation de tous les processus. Cela va nous permettre de générer plus d’inclusion financière et de toucher davantage de monde, notamment dans les zones enclavées, eu aussi les petits commerçants», fait-il savoir.
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Interrogé sur l’impact du paiement électronique pour les TPME, Miloud Hrila souligne que la traçabilité des flux est déterminante pour accéder au crédit. Il évoque un principe répandu dans le secteur bancaire: «le flux fait le crédit». Autrement dit, la régularité et la lisibilité des transactions permettent aux institutions financières d’évaluer la capacité d’endettement d’un acteur économique.
«Lorsqu’un commerçant utilise un compte personnel pour ses activités, il ne peut pas prouver sa capacité à générer du chiffre d’affaires. Et donc, il ne peut pas accéder au crédit», souligne le spécialiste, ajoutant que les flux informels ou les transactions en espèces privent une partie de la population des mécanismes de financement, faute de preuves bancaires exploitables.
Pour remédier à cette situation, les établissements bancaires et de financement mènent des activités de sensibilisation et d’information à l’endroit des concernés. Miloud Hrila précise que la coercition n’est pas envisagée à ce stade, ni par les banques ni par les autorités publiques, car l’objectif est d’amener les commerçants à comprendre les avantages du paiement électronique, notamment en termes de coûts, de sécurité, de transparence et de rapidité.
TPME: le défi de la traçabilité des flux financier
Mohamed Abouchikhi, président du conseil d’administration de Crédit Info, abonde dans le même sens. Il estime que le paiement électronique permet aux petits entrepreneurs, souvent des particuliers exerçant une activité professionnelle ou commerciale, d’avoir un meilleur accès au financement. Il rappelle que plus de 2 millions de très petites entreprises évoluent dans l’informel et ne parviennent pas à justifier leurs revenus, ce qui les exclut des circuits de crédit.
«Le paiement électronique va permettre à une bonne partie de cette clientèle d’accéder aux services de financement», affirme-t-il. Il explique que la nouvelle réglementation sur les bureaux d’information sur le crédit permettra de connecter les données issues des mouvements débiteurs-créditeurs. Ces données seront mises à disposition des banques et des établissements de crédit pour évaluer la solvabilité des acteurs informels.
Il précise que ces flux transactionnels viendront s’ajouter à d’autres sources de données, notamment celles des opérateurs télécoms, des fournisseurs d’eau et d’électricité, ainsi que les historiques de crédit déjà disponibles. Selon lui, cette convergence d’informations permettra aux TPME d’accéder au financement, de développer leur activité, de se structurer progressivement et de s’intégrer dans le tissu économique formel.
«À travers le développement de leur activité, cela va leur permettre de migrer graduellement vers le formel, de recruter davantage et de s’intégrer dans le tissu économique national», conclut-il.
Les deux intervenants s’accordent ainsi sur le rôle du paiement électronique comme outil de visibilité et de structuration pour les TPME. En facilitant la traçabilité des flux et en enrichissant les bases de données utilisées par les prêteurs, cette pratique contribue à élargir l’accès au financement pour une large frange de l’économie informelle.
