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Olivier Andriès (Safran) : «la politique industrielle du Maroc est plus accueillante»
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En lançant les travaux d’un nouveau complexe industriel près de Casablanca, il s’agit pour le groupe Safran d’assumer un virage stratégique : celui d’une diversification de sa chaîne de valeur. Et ce, dans une logique de résilience industrielle, a affirmé Olivier Andriès, le patron du groupe ce jeudi sur BFM Business.
Ce sera pour Safran une première usine hors de France pour l’assemblage final de moteurs d’avions. Un choix qui positionne le Maroc comme relais structurant dans l’architecture mondiale du groupe. Un choix aussi audacieux, dans un contexte où le Vieux continent est en pleine relocalisation industrielle.
Interrogé ce matin sur BFM Business, Olivier Andriès, le directeur général de Safran, s’est voulu on ne peut plus clair, venant à préciser que cette décision ne relève ni d’un effet d’aubaine ni d’un arbitrage conjoncturel, mais d’une politique industrielle mûrie.
«Nous ne souhaitons plus dépendre d’une source unique ou de points de défaillance uniques», a-t-il affirmé, en référence à la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Le groupe, qui équipe notamment les monocouloirs Airbus A320neo et Boeing 737MAX, entend sécuriser ses flux en s’appuyant sur des plateformes complémentaires.
Le site marocain, dont les travaux ont été lancés lundi, inclura une unité d’assemblage final de moteurs – une première hors du territoire français. En vrai, le Maroc s’impose plus que jamais comme une alternative crédible, structurée et compétitive.
Safran veut créer de la valeur d’abord
Olivier Andriès a d’ailleurs salué l’écosystème aéronautique marocain «en pleine dynamique», porté par une vision industrielle claire et des infrastructures modernes. Il a, à cet égard, souligné la qualité des talents locaux, notamment les ingénieurs formés dans les écoles marocaines, ainsi que la stabilité macroéconomique du pays. Pour lui, le Maroc consolide sous l’impulsion royale, son attractivité pour les industriels en quête de fiabilité et de projection long terme.
Par ailleurs le dirigeant a rappelé que Safran continuera d’investir en France, mais n’a pas manqué de déplore un climat d’incertitude fiscale et politique. Il a aussi évoqué les freins portés par certains groupements politiques, les écologistes notamment, à certains projets industriels. «Avant de redistribuer la valeur, il faut d’abord la créer», a-t-il martelé, appelant à une politique plus accueillante vis-à-vis des investisseurs.
En sa qualité de président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS), Andriès alerte sur une forme de déconnexion entre les impératifs industriels et les postures politiques. Le choix du Maroc, dans ce contexte, prend une dimension stratégique : celle d’un ancrage dans un territoire qui valorise l’industrie, l’ingénierie et la stabilité.
