Mort du jeune Aymen: procès mercredi à Montpellier

Publié le
Aymen
©DR

Le procès d’un chauffard accusé d’avoir mortellement fauché un adolescent Maroco-Français de 13 ans à Montpellier, en marge des célébrations de la demi-finale France-Maroc lors du Mondial de football de 2022, va s’ouvrir mercredi devant la Cour criminelle de l’Hérault.

Le décès d’Aymen avait endeuillé la compétition et un millier de personnes avaient défilé à Montpellier, roses blanches à la main, pour lui rendre hommage. Sa mort avait aussi provoqué des échauffourées dans le quartier défavorisé de La Mosson où s’était déroulé le drame.

« C’est un dossier délicat car il touche la mort d’un enfant », souligne aujourd’hui Marc Gallix, l’avocat de la famille de la victime, interrogé par l’AFP.

Le 14 décembre 2022, une centaine de supporters étaient descendus dans une rue de ce quartier situé en périphérie de Montpellier, à l’issue de cette demi-finale, remportée 2-0 par la France face au Maroc.

Juste avant les faits, le conducteur « avait été chahuté par un groupe de jeunes qui avaient arraché un drapeau tricolore » accroché à l’une de ses portières, ont retracé les enquêteurs. Il avait alors démarré brusquement, effectuant un demi-tour sur les voies du tramway et avait percuté des jeunes, dont Aymen, décédé peu après sa prise en charge médicale. Un autre adolescent avait été blessé.

Lire aussi. Mort d’Aymen: la famille « soulagée » par l’interpellation du chauffard

Activement recherché, le chauffard avait été interpellé douze jours plus tard, dans les Pyrénées-Orientales. Avant d’être mis en examen des chefs de « violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et « violences volontaires avec arme ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ».

Un membre de sa famille avait été mis en examen pour « soustraction d’un criminel à l’arrestation ou aux recherches ». Il sera jugé à ses côtés.

Tensions communautaires

Aujourd’hui, indique Me Gallix, la famille d’Aymen « n’est pas animée par un désir de vengeance. Elle souhaite que justice soit rendue. Elle espère aussi que l’auteur dise la vérité, ce qu’il n’a pas encore fait. »

Organisé sur deux jours, le procès devra faire la lumière sur plusieurs ambiguïtés: avec qui le chauffard était-il dans la voiture? La lunette arrière du véhicule a-t-elle reçu un bloc de bitume avant ou après avoir percuté l’adolescent? Quel rôle la famille du chauffard a-t-elle joué dans sa fuite ?

Me Gallix rappelle qu’au moment des faits, les proches de l’adolescent avaient « lancé un appel au calme: il y avait des conflits très durs entre communauté maghrébine et communauté gitane ».

Âgé de 20 ans en 2022, le conducteur, William C., né d’une mère issue de la communauté des gens du voyage et d’un père marocain, avait été diagnostiqué par l’expertise psychologique comme ayant un réel « déficit cognitif ».

Il avait exercé son droit au silence lors de son interrogatoire en première comparution. Avant de finalement s’exprimer, un mois plus tard, déclarant aux policiers qu’il était « désolé ». Il a expliqué qu’il n’avait « pas voulu percuter les personnes (…), qu’il n’avait pas pris conscience (…) d’avoir blessé et encore moins d’avoir tué quelqu’un. »

Son avocat, Jean-Baptiste Mousset, assure que « toute sa détention a été émaillée de menaces de mort et de violences, par des personnes se revendiquant être proches de la victime. »

« D’abord placé en détention à Perpignan, il a été transféré à Béziers à la suite de violences commises sur lui en pleine nuit par ses codétenus », a-t-il ajouté.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Mort du jeune Aymen: procès mercredi à Montpellier

S'ABONNER
Partager
S'abonner