Chambre des représentants: le coût annuel d’un député dépasse 1,59 million de dirhams

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Coût des députés et efficacité législative : un décalage inquiétant entre budget et rendement
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Le budget total de la Chambre des représentants pour l’année 2026 s’élève à 668,4 millions de dirhams, dont 94 % destinés au fonctionnement et 6 % à l’investissement, selon les chiffres présentés par le président Rachid Talbi Alami. Le coût annuel moyen d’un député marocain est désormais estimé à 1,59 million de dirhams. Pourtant, le taux d’adoption de loi faible et l’absentéisme élevé, révèlent un écart significatif entre moyens financiers et efficacité législative. Analyse.

Selon le projet de loi de finances 2026, la Chambre des représentants bénéficiera d’un budget global de 668,429,000 dirhams.

Sur ce montant, 628,32 millions de dirhams (soit 94 %) sont consacrés aux dépenses de fonctionnement, tandis que 40 millions de dirhams (6 %) sont alloués à l’investissement.

Ces chiffres ont été révélés le vendredi 7 novembre 2025 par Rachid Talbi Alami, président de la Chambre, lors de la présentation de la note de projet budgétaire de l’institution législative.

Un coût annuel moyen de 1,59 MDH par député

Avec 395 députés, la charge budgétaire moyenne par parlementaire s’établit à environ 1,59 million de dirhams par an.

Ce montant englobe les indemnités mensuelles, les avantages logistiques, ainsi que les frais liés à l’activité parlementaire, tant au niveau national qu’international.

Prédominance des dépenses de fonctionnement

Le projet intitulé « Appui aux missions parlementaires » constitue la part la plus importante du budget, avec 575,4 millions de dirhams — soit près de 94 % des crédits globaux.

Il couvre principalement les indemnités des députés, les salaires du personnel, les primes d’assurance et les cotisations sociales.

Le projet « Diplomatie parlementaire » reçoit pour sa part 55,6 millions de dirhams, destinés à financer :

·         les frais de déplacement et d’indemnisation lors des missions à l’étranger,

·         les contributions aux organisations régionales et internationales,

·         ainsi que les frais d’accueil des délégations étrangères, d’hébergement et de restauration.

Le projet « Parlement électronique et communication » bénéficie d’un budget de 18,9 millions de dirhams, consacré à l’acquisition de matériel et logiciels informatiques, à leur maintenance, ainsi qu’aux services de traduction, publication et communication institutionnelle.

Enfin, 18,6 millions de dirhams sont alloués au projet « Travail législatif, de contrôle et d’évaluation », destiné à soutenir les groupes parlementaires, financer les études, recherches et travaux de documentation.

Un effort législatif en décalage avec le poids budgétaire

Si la Chambre des représentants mobilise une enveloppe budgétaire dépassant les 668 millions de dirhams, les indicateurs d’activité législative révèlent une productivité encore modeste au regard des moyens engagés.

Dans son rapport relatif à l’activité de la Chambre des représentants, l’association SimSim-Participation Citoyenne s’était penchée en 2024 sur les fonctions législatives, relevant une forte tendance à l’absentéisme chez nos députés.

L’ONG a pointé une productivité limitée :

·         36 textes législatifs adoptés en 2024 (20 à l’unanimité, 16 à la majorité).

·         350 propositions de loi soumises sur trois ans, mais seulement 16 adoptées, soit un taux d’adoption de 4,57 %.

·         Plus de 83 % des propositions modifient des textes existants, et moins de 10 propositions visent de nouvelles lois.

« En analysant les propositions de loi présentées par les blocs parlementaires, on constate que la plupart des propositions visent à modifier des textes de loi existants, soit par amendement, soit par complémentation. Cela représente plus de 83% des initiatives présentées, tandis que les initiatives visant à créer de nouvelles lois ne dépassent pas 10 propositions« , avait précisé le rapport.

Selon les données collectées par l’ONG, et basées sur le nombre de votes pour les lois adoptées à la majorité, le rapport révèle un taux d’absentéisme élevé de nos élus. Pour l’illustrer ce phénomène, l’association s’est intéressée à l’adoption du projet de loi de finances pour l’année 2024, l’un des moments les plus importants de la vie de l’hémicycle. Ce moment crucial a enregistré le plus haut taux de présence qui s’élève à 59,24%. En gros, pour l’adoption de l’un des plus importants projets de loi, plus d’un tiers des élus ont préféré faire l’école buissonnière.

Le rapport relève également un absentéisme préoccupant :

·         Taux de présence moyen aux séances législatives : 37,28 %.

·         Plus haut taux lors de l’adoption du projet de loi de finances 2024 : 59,24 %.

·         Plus bas taux lors de la séance du 24 juin 2024 : 25,32 %.

Selon l’ONG, ces chiffres montrent que les ressources budgétaires importantes ne se traduisent pas toujours par un rendement législatif efficace, soulevant la nécessité d’une réforme structurelle du Parlement et d’un renforcement du contrôle citoyen.

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