Sofia Skiredj (ASFIM): «Près de 30.000 souscripteurs aux OPCVM, la marge de progression est énorme»

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Sofia Skiredj, vice-présidente de l'Association des sociétés de gestion et fonds d'investissement (ASFIM), Rabat 13 novembre 2025

Lors de la 3e édition de la conférence annuelle de l’Association des sociétés de gestion de fonds d’investissement au Maroc (ASFIM), tenue jeudi à Rabat, Sofia Skiredj, sa vice-présidente, a mis en avant le rôle central de l’industrie de la gestion d’actifs (OPCVM) dans le financement de l’économie nationale. 

Intervenant dans le cadre d’un entretien entre deux panels, Sofia Skiredj, vice-présidente de l’ASFIM et directrice générale de CFG Bank Asset Management, a tracé la trajectoire qu’a connue la gestion d’actifs depuis deux décennies. Celle-ci s’avère positive au regard des chiffres présentés: «Aujourd’hui, nous comptons 22 sociétés de gestion, près de 610 fonds en circulation. C’est une industrie qui pèse plus de 800 milliards de dirhams (MMDH) d’actifs, soit quasiment 50 % du PIB national», a-t-elle  détaillé, ajoutant que «la taille des actifs a triplé depuis 2010».

Sofia Skiredj a souligné que cette évolution a permis aux organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) de devenir un pilier du financement de l’économie réelle. En effet, près de 126 MMDH sont investis en actions cotées, représentant 45% du flottant de la Bourse de Casablanca, tandis que 360 MMDH sont placés en bons du Trésor et titres garantis par l’État, soit 44% de la dette en circulation. «Le développement des OPCVM a permis de créer un marché obligataire profond et liquide, ouvrant la voie à un financement direct des entreprises en complément de la dette bancaire», a-t-elle fait savoir.

OPCVM : la réforme va moderniser et diversifier

Pour ne pas freiner ce bel élan du secteur, des réformes ont été adoptées, notamment la nouvelle loi 03-25. De l’avis de vice-présidente de l’ASFIM, ce nouveau cadre réglementaire est des plus opportuns, en ce sens qu’il modernise le cadre de l’industrie et l’aligne sur les standards internationaux. «La réforme apporte plus de flexibilité et d’innovation, avec la création de nouvelles catégories d’OPCVM: les fonds en devise, les fonds participatifs conformes à la finance islamique, ou encore les ETF qui introduisent la gestion passive au Maroc.»

Lire aussi. OPCVM: l’actif net recule à 789,77 MMDH au 1er août

Cette modernisation s’accompagne d’un renforcement de la gouvernance, d’un contrôle des risques plus strict et d’un reporting transparent. «En résumé, c’est une réforme qui ouvre le champ des possibles tout en consolidant la confiance», a ajouté la vice-présidente. Pour elle, il n’y a aucun doute: avec cette réforme, le secteur se prépare à une nouvelle phase d’expansion.

Défis et perspectives: élargir la base des investisseurs

Malgré ces avancées, des défis subsistent. Le premier concerne l’élargissement de la base des souscripteurs. «Nous avons aujourd’hui entre 25.000 et 30.000 souscripteurs dans les OPCVM, contre près de 17 à 18 millions de comptes bancaires. La marge de progression est énorme», a-t-elle indiqué. Pour y parvenir, l’ASFIM mise sur l’éducation financière, la pédagogie et la communication, à travers des campagnes de sensibilisation et des formations adaptées.

Autre obstacle à lever: les enjeux technologiques. D’après la vice-présidente de l’ASFIM, ceux-ci sont au cœur des priorités. La digitalisation et l’intelligence artificielle doivent être intégrées dans les pratiques, avec un investissement accru dans la formation des équipes.

Enfin, la question de la confiance des épargnants reste centrale. Sur ce point, l’experte a tenu à rassurer les particuliers, qui représentent un potentiel conséquent dans la perspective d’élargissement de la base d’épargnants. «Certains se demandent où va leur argent et s’il est en sécurité. Il faut rappeler que la gestion d’actifs est l’un des métiers les plus encadrés du secteur financier. Les fonds sont déposés chez une banque agréée qui en assure la garde et contrôle toutes les opérations. Les gérants n’ont jamais accès aux comptes», a-t-elle précisé.

Et de poursuivre son argumentaire en expliquant que les OPCVM font l’objet de multiples niveaux de contrôle: interne, bancaire, commissaires aux comptes et régulateur. De plus, les valeurs liquidatives sont publiées quotidiennement, les frais plafonnés et la liquidité garantie. Si bien que «la confiance n’est pas une promesse, c’est une obligation réglementaire», a conclu Sofia Skiredj.

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