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Dessalement d’eau de mer: le Maroc prévoit d’investir 850 M$ d’ici 2033
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Pour répondre à la crise hydrique, le Royaume mise sur le dessalement et projette de doubler ses investissements dans ce secteur stratégique d’ici 2033.
Face à la raréfaction de l’eau et à la pression démographique, le Maroc accélère sa stratégie hydrique en faisant du dessalement de l’eau de mer un pilier central. Selon le cabinet international Renub Research, le marché marocain du dessalement devrait passer de 400 millions de dollars en 2024 à 850 millions en 2033, soit une progression spectaculaire de 112%, rapporte MaaDialna, une plateforme d’information lancée en 2023 à l’initiative du ministère de l’Équipement et de l’Eau.
Le taux de croissance annuel moyen est estimé à 8,74 % sur la période 2025-2033, confirmant la priorité accordée à la sécurité hydrique. Cette dynamique est portée par plusieurs facteurs: sécheresses prolongées, baisse des nappes phréatiques et demande croissante en eau potable pour les populations urbaines et l’agriculture. Le gouvernement a inscrit le dessalement au cœur du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, en multipliant les projets structurants.
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Le Maroc vise une capacité de production de 1,7 milliard de mètres cubes d’eau dessalée par an à l’horizon 2030. Parmi les projets phares figurent la future station de Casablanca-Settat, qui devrait fournir jusqu’à 300 millions de mètres cubes par an et bénéficier à près de 7,5 millions d’habitants, l’unité de Nador, dans l’Oriental, avec une production annuelle de 250 millions de mètres cubes, ainsi que la station de Safi dont la capacité atteindra 86.400 mètres cubes par jour.
La technologie de l’osmose inverse reste au cœur des développements, avec des innovations visant à réduire la consommation énergétique et améliorer la performance des membranes. L’intégration des énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, constitue un axe stratégique pour réduire les coûts opérationnels et aligner la production d’eau sur les engagements climatiques du Royaume. La station d’Agadir en particulier est citée comme un modèle de production durable à grande échelle.
Mais les défis demeurent: coûts élevés des installations, exigences techniques pointues et nécessité d’assurer une distribution équitable de l’eau sur l’ensemble du territoire. La collaboration entre secteurs public et privé est également jugée essentielle pour financer ces mégaprojets.
En misant sur la haute technologie et l’investissement durable, le Maroc consolide sa position de leader africain du dessalement. Une stratégie qui vise à garantir l’accès à cette ressource vitale pour les générations futures, tout en renforçant la résilience du pays face aux risques climatiques.
