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Maroc: la révolution des paiements s’accélère en 2024 (rapport BAM)
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Le dernier rapport de Bank Al‑Maghrib (BAM) révèle une mutation profonde du système de paiement national. Entre résilience technologique, essor du numérique et stratégie nationale ambitieuse, le Maroc s’engage dans une transformation qui redéfinit les usages et les équilibres du secteur financier.
L’année 2024 aura été celle d’une consolidation silencieuse mais déterminante pour les infrastructures financières marocaines. Dans un environnement international secoué par les tensions géopolitiques et les chocs climatiques, Bank Al‑Maghrib (BAM) a publié ce mardi un rapport dense qui confirme la solidité du système national et l’accélération d’une transformation numérique désormais irréversible.
Rapport Annuel sur les infrastructures des marchés financiers et les moyens de paiement et leur surveillance – Exercice 2024.
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Au cœur du dispositif, les infrastructures des marchés financiers ont démontré une robustesse remarquable. Le Système de règlement brut du Maroc (SRBM), véritable colonne vertébrale des paiements de gros montants, a traité plus de 25.262 milliards de dirhams en 2024, soit l’équivalent du PIB national en seulement seize jours d’activité.
Les échanges interbancaires transitant par le Système interbancaire marocain de télécompensation (SIMT) ont poursuivi leur tendance haussière. Le nombre de transactions a atteint 136,3 millions, en progression de 16,1 % par rapport à 2023. Les montants échangés ont, eux, atteint 2.524,2 milliards de dirhams, en hausse de 7,5 %.
Malgré le recul des opérations interbancaires au sein du SRBM, le système a maintenu une disponibilité quasi parfaite, sans incident majeur, confirmant son rôle central dans la stabilité financière. BAM prépare par ailleurs une évolution majeure avec la migration vers la norme ISO 20022, destinée à améliorer l’interopérabilité et la qualité des échanges.
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Sur le segment des paiements de détail, la dynamique est tout aussi marquante. Le SIMT poursuit sa progression, porté par la hausse des transactions scripturales. Mais c’est surtout le virement instantané qui s’impose comme la véritable rupture. Lancé en 2023, il a connu une adoption fulgurante en 2024, avec plus de 16 millions d’opérations traitées et une montée en charge quotidienne spectaculaire.
Depuis son lancement, la plateforme a traité 22,5 millions d’opérations cumulées, pour des montants de 61,7 milliards de dirhams en 2024 et 82,9 milliards depuis juin 2023. Le Maroc rejoint ainsi le club des pays où le paiement en temps réel devient un réflexe, un levier puissant pour réduire l’usage du cash et fluidifier les échanges économiques.
Cette accélération s’accompagne d’un renforcement de la sécurité. Face à la recrudescence des fraudes, BAM a intensifié ses contrôles, multiplié les missions sur place et renforcé l’évaluation des dispositifs de protection. La migration des cartes domestiques vers la norme EMV se poursuit, tandis que les principes internationaux de cyber‑résilience sont progressivement intégrés. Dans un paysage où la digitalisation avance à grande vitesse, la sécurité devient un pilier stratégique autant qu’un impératif de confiance.
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L’année 2024 marque également une étape décisive dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale des paiements. Élaborée en concertation avec l’ensemble des acteurs du secteur, cette stratégie vise à moderniser l’infrastructure nationale, renforcer la confiance dans les paiements numériques et promouvoir l’inclusion financière. Les chantiers engagés portent sur la gouvernance, la coordination et l’encadrement de la commission d’interchange, un levier essentiel pour une tarification équitable et une adoption durable des paiements électroniques. Objectif: faire du Maroc une économie moins dépendante du cash et plus ouverte aux usages numériques.
Et la montée en puissance de l’écosystème fintech occupe une place centrale dans la vision de Bank Al‑Maghrib. Avec la création du Morocco Fintech Center, l’institution entend fédérer startups, institutions financières et investisseurs autour d’un cadre propice à l’innovation. Ce hub se veut un catalyseur de solutions nouvelles, capable d’accompagner la transformation digitale du secteur financier et de renforcer l’inclusion numérique dans l’ensemble du pays.
Au fil des pages, le rapport 2024 dessine un Maroc en transition, où les infrastructures financières se modernisent, où les paiements s’accélèrent et où la digitalisation devient un moteur de confiance et d’efficacité. Une mutation profonde, structurante, qui place BAM au centre d’un chantier stratégique : celui d’une économie plus fluide, plus sûre et résolument tournée vers l’avenir.
