Au front, les médecins anesthésistes et réanimateurs du pays alertent sur le manque de moyens…
Santé : les infirmiers anesthésistes demandent de réguler l’intervention d’urgence en chirurgie
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Face aux défis croissants dans les blocs opératoires, les anesthésistes et infirmiers anesthésistes montent au créneau pour réclamer au ministère de la Santé un protocole national clair encadrant les interventions d’urgence en l’absence de médecin spécialiste. Une demande jugée urgente par les professionnels, qui dénoncent un cadre législatif dépassé et des zones grises juridiques mettant à la fois les patients et les soignants en difficulté.
L’Association marocaine d’anesthésie et de réanimation, ainsi que l’Association du Sud des infirmiers en anesthésie et réanimation, ont adressé une lettre au ministre de la Santé et de la Protection sociale, demandant l’établissement d’une procédure administrative claire et d’un protocole national pour coordonner les interventions d’urgence en chirurgie en l’absence d’un médecin spécialiste en anesthésie-réanimation.
Les deux associations ont expliqué que le cadre législatif marocain n’a pas suivi l’évolution des missions des infirmiers anesthésistes, soulignant que certaines dispositions juridiques datent de 1960, malgré les amendements et évolutions survenus au cours des deux dernières décennies.
Elles ont rappelé notamment le décret n° 2.59.058 de 1960, les textes juridiques publiés entre 2006 et 2018, ainsi que la note de service n° 68 de 2022, comme références essentielles garantissant la continuité des services d’anesthésie et de réanimation.
L’essentiel des revendications des anesthésistes
La lettre insiste sur l’importance de clarifier les procédures juridiques encadrant les interventions d’urgence, en se référant à deux principes fondamentaux établis par la jurisprudence marocaine :
1. La nécessité de la présence d’un médecin spécialiste pour les interventions chirurgicales programmées, l’infirmier exerçant alors sous sa supervision.
2. La possibilité pour les infirmiers d’intervenir en cas d’urgence lorsque l’attente mettrait la vie du patient en danger, tout en tenant compte des risques juridiques et professionnels encourus.
Les associations demandent au ministère d’adopter plusieurs mesures administratives et légales, dont :
– La publication de textes clairs définissant les procédures à suivre avant toute anesthésie urgente.
– L’adoption d’un formulaire national officiel pour documenter les décisions prises.
Elles recommandent également d’unifier le dossier d’anesthésie, incluant la feuille d’anesthésie et l’examen préopératoire, ainsi que l’élaboration d’un protocole national d’anesthésie infirmière d’urgence adapté aux moyens disponibles dans chaque établissement de santé, avec une mise à jour régulière.
Les anesthésistes visent la protection des patients
Les deux associations insistent sur la nécessité de définir les situations chirurgicales où l’intervention infirmière d’urgence est autorisée, et de renforcer les mécanismes de coopération et de communication entre médecins, infirmiers et représentants administratifs pour garantir le respect des procédures et protocoles établis.
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Elles concluent en affirmant que ces propositions visent à protéger la sécurité des patients et à assurer la sûreté des professionnels de santé, tout en exprimant leur disponibilité à participer aux discussions nationales relatives au développement du système de santé, notamment dans le cadre du chantier de la couverture sanitaire universelle et de l’amélioration de la qualité des services médicaux et infirmiers.
