Le ministère public près la cour d’appel de Fès a ouvert une enquête approfondie concernant…
Scandale de la farine subventionnée à Fès: la justice ordonne l’analyse des téléphones
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Le scandale de la farine subventionnée continue de défrayer la chronique au Maroc, particulièrement dans la région de Fès-Meknès, où les autorités judiciaires ont franchi une nouvelle étape décisive.
Face à la complexité du dossier et à la multiplicité des acteurs potentiellement impliqués, le parquet près la Cour d’appel de Fès a ordonné une analyse technique approfondie des téléphones saisis auprès de plusieurs suspects. Cette opération vise à mettre en lumière les communications, échanges et liens éventuels entre les individus cités dans l’enquête, afin d’élucider les ramifications de ce réseau présumé de détournement.
Une affaire qui prend de l’ampleur
L’origine du dossier remonte à une plainte déposée il y a quelques mois par un notable de la province de Taounate. Celui-ci avait alerté les autorités sur de possibles irrégularités dans la gestion du blé subventionné, un produit stratégique bénéficiant du soutien financier de la Caisse de compensation. Cette plainte a déclenché une série d’investigations qui se sont élargies aux minoteries de Fès et de Moulay Yacoub, mais aussi à certains fonctionnaires, employés et cadres du système national de subvention.
Au fil de l’enquête, les soupçons se sont renforcés, poussant le parquet à prendre des mesures préventives strictes, comme l’interdiction de quitter le territoire pour plusieurs responsables. Certains pourraient également faire l’objet d’un retrait de passeport, le temps que les analyses techniques et les enquêtes de terrain apportent davantage d’éclaircissements.
Des investigations révélant de graves dysfonctionnements
Les premiers résultats des investigations ont révélé des pratiques préoccupantes. Dans plusieurs unités de production situées à Dokkarat et Ras El Ma, dans la province de Moulay Yacoub, des opérations de surveillance ont été menées par la police judiciaire en coordination avec des représentants de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). Ces contrôles ont conduit à la saisie de 115 tonnes de farine subventionnée impropre à la consommation, un chiffre qui a profondément choqué l’opinion publique.
L’un des objectifs des enquêteurs est d’identifier les méthodes employées pour transformer la farine subventionnée — normalement destinée aux familles marocaines les plus démunies — en farine ordinaire vendue au prix du marché. Cette manipulation permettrait de générer des profits considérables grâce à un produit initialement vendu à un tarif réglementé de 2 dirhams le kilogramme.
Connivence entre minotiers et services administratifs?
L’affaire ne se limite pas à un seul dossier. D’autres plaintes, notamment dans la province de Taounate, visent des propriétaires de minoteries soupçonnés d’avoir falsifié des factures et documents administratifs afin de masquer la véritable origine de la farine.
Certains services communaux et administratifs pourraient également être impliqués, notamment pour avoir facilité la distribution de farine sans contrôle rigoureux de sa qualité ni de sa provenance.
Des déclarations parlementaires choc
Le dossier a pris une dimension nationale après une déclaration marquante du député Ahmed Touizi lors de l’examen du projet de loi de finances 2026.
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Le parlementaire a affirmé publiquement que certaines entreprises iraient jusqu’à mélanger du papier moulu à la farine destinée aux consommateurs. Cette accusation, largement relayée sur les réseaux sociaux, a suscité une forte indignation et a poussé le ministère public à intensifier les enquêtes en cours.
Un dossier toujours en évolution
La justice poursuit actuellement ses auditions, dans l’objectif de déterminer les responsabilités exactes et de démanteler l’ensemble du réseau de détournement présumé.
Les analyses techniques des téléphones, désormais lancées, pourraient jouer un rôle déterminant pour dévoiler les complicités, les flux de communication et les méthodes employées dans ce scandale qui met en péril un produit essentiel pour les ménages les plus modestes.
