El Midaoui: «La promotion ne se fera plus à l’ancienneté, l’universitaire doit produire»

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El Midaoui: « chacun aspire à ‘traire l’État’ sans contribuer à l’intérêt général »
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, s'exprimant devant la Commission de l’enseignement, la culture et la communication, le 4 décembre 2025 à la Chambre des représentants. © DR

Devant la Commission de l’Enseignement à la Chambre des représentants, Azzedine El Midaoui, a livré un discours tranchant : finies les promotions automatiques et les revendications éparpillées. Le ministre assume une réforme centrée sur la performance scientifique et un encadrement strict des universités publiques et privées.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, a prononcé ce mercredi devant la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants l’une de ses interventions les plus directes depuis son arrivée au gouvernement.

Haro sur les profiteurs de l’Etat

Lors de l’examen détaillé du projet de loi 59.24 relatif à l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique et à l’Innovation, Azzedine El Midaoui a souligné que « tout enseignant-chercheur doit nécessairement passer par son syndicat, lequel sera chargé d’assurer la communication avec le ministère ; faute de quoi, nous retomberions dans la multiplication anarchique des coordinations ».

Il a estimé qu’« il est devenu intolérable que chacun aspire à ‘traire l’État’ sans manifester la moindre volonté de contribuer, en contrepartie, à l’intérêt général ».

Promotion fondée sur la performance, pas sur l’ancienneté

Le ministre a par ailleurs confirmé que « les enseignants-chercheurs sont représentés par leurs syndicats, et les questions les concernant — notamment celle de la promotion professionnelle — seront débattues avec eux ». À ce sujet, il a insisté sur le fait que « la promotion des enseignants-chercheurs, partout dans le monde, repose sur la production scientifique et non sur l’ancienneté », ajoutant qu’« aucune université avancée au monde ne procède à des promotions basées uniquement sur les années de service ».

Il a illustré son propos en affirmant qu’« un jeune enseignant-chercheur, après seulement trois ans d’activité, peut devancer un collègue comptant 20 ans d’ancienneté, dès lors que sa production scientifique est plus élevée ». Selon lui, « c’est précisément là l’un des leviers essentiels pour ancrer la qualité au sein de l’université marocaine ».

Liberté académique maintenue, mais recherche orientée

Le ministre e l’Enseignement supérieur a également rappelé que « la liberté de la recherche académique existe depuis la création des universités publiques », mais « ce que nous introduisons aujourd’hui, c’est le mécanisme contractuel — une approche adoptée par l’ensemble des pays développés ».

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Il a expliqué que « dans ce cadre, l’État fixe ses priorités nationales (eau, énergie, santé, agriculture, etc.) et lance des appels à projets de recherche destinés aux enseignants-chercheurs ». Un démarche qui, selon lui, « ne porte nullement atteinte à la liberté académique ; au contraire, elle la renforce et oriente une partie de la recherche vers les enjeux nationaux, garantissant ainsi une vision prospective indispensable ».

Encadrement strict des universités privées

El Midaoui a également annoncé devant les membres de la commission un durcissement des conditions d’ouverture des universités privées avec un accent qui sera mis sur les garanties financières obligatoires, les cahiers des charges détaillés, un contrôle renforcé et des sanctions pouvant dépasser en sévérité certaines dispositions du Code pénal.

« Nous ne jouons pas avec la formation des étudiants », a-t-il martélé. Les autorisations ne seront plus « automatiques », mais délivrées selon des critères rigoureux visant à assurer un service public réel, même dans le privé.

Le ministre a souligné que « tous ces éléments seront précisément définis dans le cahier des charges, une disposition qui n’existait pas dans la loi n° 01.00 relative à l’organisation de l’enseignement supérieur ».

Il a enfin considéré que ces exigences renforcées « n’ont jamais été aussi strictes qu’aujourd’hui, et ce, afin de garantir que les universités privées remplissent effectivement une mission de service public, conformément aux normes de gouvernance fixées — normes qui ne sauraient faire l’objet d’aucune dérogation ».

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