Formation professionnelle: Sekkouri lance le plan d’accélération du secteur privé

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Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younès Sekkouri, a lancé officiellement, mercredi à Casablanca, le plan d’accélération de la formation professionnelle.

La nouvelle initiative a été saluée par les acteurs économiques, qui y voient un levier stratégique pour l’employabilité des jeunes et l’adaptation du Maroc aux mutations industrielles. Parmi eux, Chakib Alj, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), qui a souligné que la formation professionnelle est «stratégique et essentielle à l’employabilité des jeunes Marocains».

Le patron des patrons a rappelé que quelque 600.000 jeunes sont formés chaque année, dont près des deux tiers dans le secteur privé. Selon lui, les transformations que prépare le Maroc, notamment dans des secteurs émergents comme l’hydrogène vert, nécessitent des compétences techniques et intermédiaires solides.

«La formation professionnelle doit devenir un pilier de cette transformation, à condition de répondre aux contraintes des acteurs du secteur», a-t-il insisté, citant la lourdeur des procédures de reconnaissance des parcours, la mise à jour des normes et les accréditations.

Chakib Alj a également plaidé pour la mise en place de passerelles permettant aux lauréats d’accéder à des parcours supérieurs. Et de conclure en appelant à une réforme urgente de la formation professionnelle continue, afin de renforcer l’adaptation des entreprises et l’employabilité des jeunes.

Les priorités de Sekkouri

Prenant la parole, Younès Sekkouri a mis en lumière les initiatives phares prises par le gouvernement dans le cadre de ce plan d’accélération. L’une de ces mesures concernent les cours du soir. «Concrètement, il s’agit de libérer les cours du soir», a-t-il annoncé, précisant que ces cours seront proposés tous les jours de 18h à 21h, ainsi que les week-ends de 9h à 17h.

Un autre pilier de cette transformation concerne également la simplification des procédures d’accréditation et la révision de la contribution de l’État en faveur des jeunes ne disposant pas des moyens de financer leur scolarité. «Nous voulons faire de ces aides un moteur qui drainerait plus d’investissement», a-t-il affirmé.

Lire aussi. Défaillance, formation, emploi des jeunes : Sekkouri nuance et promet une réforme en profondeur

Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences a insisté sur l’importance d’investir le digital et de développer l’apprentissage, en partenariat avec l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC), pour favoriser les stages et les placements à l’international.

Younès Sekkouri Plan d'accélération
Younès Sekkouri durant son intervention, le 10 décembre 2025 à Casablanca. © H24info

Les acteurs privés mobilisés

Kamal Daissaoui, président de la Fédération de l’enseignement privé de la CGEM (FEP/CGEM), a établi le lien direct entre la formation privée et la dynamique économique du pays. Saluant la diligence de la tutelle, il a souhaité une mise en œuvre rapide du plan d’accélération, afin de lever les freins liés aux normes, à l’absence de diversification et aux questions d’accréditation. «La FEP réaffirme son engagement à accompagner cette dynamique pour la réussite de ce chantier stratégique», a-t-il déclaré.

Daissaoui n’a pas manqué d’égrainer les divers freins qui se posent aux acteurs et qui limitent le plein potentiel du secteur. Il a ainsi exprimé son souhait de voir la mise en oeuvre effective et accélérée de la convention pour des résultats concrets au bénéfice de la nation.

De son côté, Abdellah Benhilal, président de la Fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé (FMEP), a salué l’intérêt accordé à la formation professionnelle privée. Évoquant la loi-cadre 51-17, il a rappelé que «l’offre de la formation professionnelle privée participe à l’insertion des jeunes», tout en soulignant les défis liés à la concentration des offres en zones urbaines et à l’absence de passerelles vers l’enseignement public.

Le responsable a poursuivi en plaidant pour la mise en œuvre d’un contrat-programme avec le secteur, réaffirmant l’engagement de son entité à s’aligner sur les standards internationaux.

Au terme des interventions, une signature de conventions a marqué le lancement effectif du plan d’accélération de la formation professionnelle privée. Le ministre Sekkouri a également acté la circulaire libéralisant les cours du soir, ouvrant ainsi une nouvelle étape pour un secteur appelé à jouer un rôle central dans la transformation économique et sociale du Maroc.

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