Le Roi Mohammed VI a adressé un message de félicitations au général Mamadi Doumbouya à…
Guinée: la Cour suprême valide la victoire du général Mamadi Doumbouya à la présidentielle
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Le chef de la junte en Guinée, le général Mamadi Doumbouya, a largement remporté au premier tour la présidentielle du 28 décembre, selon les résultats définitifs annoncés dimanche par la Cour suprême, un sacre sans suspense.
A l’issue de cette élection taillée pour lui, le général Doumbouya légitime son règne sans partage sur la Guinée, qu’il dirige d’une main de fer depuis un coup d’Etat en septembre 2021 ayant renversé le président civil Alpha Condé. Les ténors de l’opposition en exil avaient été écartés du scrutin, dans un contexte de fort rétrécissement des libertés.
En dépit de sa promesse de rendre le pouvoir à des civils au terme d’une période de transition, Doumbouya s’est présenté à cette élection, remportée sans avoir fait campagne sur le terrain et sans opposants d’envergure.
Cette présidentielle est censée parachever le retour à l’ordre constitutionnel, quatre ans après la prise de pouvoir des militaires.
« Monsieur Mamadi Doumbouya, candidat indépendant, a recueilli 86,72% des suffrages », a annoncé dimanche soir le premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, lors d’une audience de proclamation des résultats définitifs qui confirment le score du candidat donné mardi soir.
Le premier président de la Cour a ensuite proclamé « le candidat Mamadi Doumbouya élu président de la République de Guinée pour un mandat de sept ans ». Le général Doumbouya faisait face à huit adversaires peu connus du grand public.
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Selon ces résultats définitifs, Abdoulaye Yéro Baldé, chef du Front démocratique de Guinée (Frondeg), arrive deuxième avec 6,59% des voix, score également inchangé par rapport aux résultats provisoires.
Colosse de 41 ans, Mamadi Doumbouya a promis « la paix et la stabilité » aux quelque 13 millions de Guinéens dans son clip de campagne, seule prise de parole du chef de la junte qui n’a fait qu’une brève apparition d’une heure à un meeting au dernier jour de la campagne.
Doumbouya n’a pas non plus pris la parole pour adresser ses voeux aux Guinéens pour le Nouvel an.
« Moment grave »
L’opposition avait appelé à boycotter ce scrutin, qualifié de « simulacre d’élection ». Alpha Condé, qui était président depuis 2010 quand il a été renversé par les militaires, et les ex-Premiers ministres Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo, tous trois en exil, n’avaient pas été autorisés à se présenter.
A l’approche de cette présidentielle, les treillis camouflage et le béret rouge habituels de Mamadi Doumbouya avaient laissé place à des tenues civiles lors de ses très rares apparitions publiques, toujours entouré de ses hommes du Groupement des forces spéciales dont il est issu.
En septembre 2021, c’est à la tête de ces forces que le colonel Mamadi Doumbouya avait pris d’assaut le palais présidentiel. Il avait alors promis que ni lui ni aucun membre de la junte ne se présenterait à une élection à la fin d’une période de transition.
Candidat indépendant à la présidentielle, le général Doumbouya était soutenu par un mouvement qui porte ses initiales, GMD: Génération pour la Modernité et le Développement.
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Dans une réaction publiée peu après l’annonce de la Cour suprême, les États-Unis « félicitent le président élu Mamadi Doumbouya ». « Nous nous réjouissons de l’opportunité de consolider davantage nos relations bilatérales et de promouvoir la prospérité économique ainsi que la stabilité, au bénéfice de nos deux peuples », ajoute un communiqué publié sur la page Facebook de l’ambassade des Etats-Unis en Guinée.
Depuis le début du règne de la junte, une chape de plomb s’est abattue sur la Guinée. Plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations – interdites depuis 2022 – sont réprimées et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.
Dans un texte publié mercredi, l’ancien président Alpha Condé a exhorté les Guinéens à « ne jamais renoncer à (leurs) droits », (leur) liberté et (leur) dignité ». « Les assassinats se banalisent (…) Plusieurs familles sont sans nouvelles de leurs proches enlevés et portés disparus. La peur est devenue un instrument de gouvernance », a-t-il fustigé.
De son côté, l’opposant en exil Cellou Dalein Diallo a rendu hommage dans son discours du nouvel an aux manifestants « froidement assassinés par les forces de défense et de sécurité », « aux disparus », « aux personnes arbitrairement emprisonnées ». « Le moment est grave parce qu’on nous annonce la fin d’une transition et le retour à l’ordre constitutionnel alors qu’on a assisté à une prolongation du régime d’exception », a-t-il dénoncé.
