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L’Algérie sur les traces du Venezuela? La mise en garde de l’ex-ministre Nourredine Boukrouh
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L’économiste et intellectuel algérien Noureddine Boukrouh compare l’Algérie au Venezuela et alerte sur les risques internes et internationaux d’un pouvoir autoritaire et d’une économie dépendante du pétrole.
L’ancien ministre algérien et penseur critique du régime militaire, Noureddine Boukrouh, a tiré la sonnette d’alarme sur la trajectoire de l’Algérie, la comparant à celle du Venezuela en matière de gouvernance autoritaire, de risques internes et de tensions internationales.
Dans une publication samedi dernier, Boukrouh évoque avec un mélange de frustration et de lucidité la situation vénézuélienne et les récentes arrestations d’opposants aux Etats-Unis, notamment celle du président Nicolas Maduro, qu’il décrit comme un dictateur « incapable » et « corrompu » ayant ruiné son pays. Selon lui, l’Algérie soutient historiquement des régimes autoritaires similaires et pourrait suivre un chemin comparable si elle ne réévalue pas ses choix politiques et économiques.
Pour Boukrouh, l’Algérie et le Venezuela partagent une dépendance excessive aux revenus pétroliers, un discours anti-impérialiste purement rhétorique, et un exercice du pouvoir autoritaire masqué derrière des promesses populistes. Sur le plan interne, il dénonce la dépréciation du dinar, le développement du marché parallèle des devises, les tensions sociales et la hausse des prix des carburants.
Sur le plan externe, l’ancien homme d’Etat met en avant les contentieux frontaliers, les conventions militaires régionales, les accusations de soutien au terrorisme, les plaintes pour atteintes aux droits humains et le trafic de drogue comme autant de menaces pour la stabilité du pays.
Entre la « Ghamza » et la « Dabza » de Trump
Noureddine Boukrouh conclut en appelant l’Algérie à réviser ses stratégies politiques et économiques sans attendre, sous peine de subir des conséquences imprévisibles dans un contexte international en pleine mutation. Dans une autre publication datant d’hier lundi soir, il accuse le pouvoir algérien de ne pas avoir bien reçu le message.
Boukrouh illustre la vulnérabilité du voisin de l’est face aux pressions internationales en s’appuyant sur la métaphore maghrébine de la « Ghamza » (clin d’œil) et de la « Dabza » (coup de poing). Selon lui, cette logique résume la manière dont Donald Trump a « corrigé » Nicolas Maduro, l’ex-président vénézuélien qui a ignoré les avertissements répétés envoyés avec subtilité.
Boukrouh décrit Nicolas Maduro, qui a été présenté hier lundi devant un tribunal de New York, comme un despote illégitime, trahi par son armée, dépendant de la fraude électorale et corrompu, qualifiant son arrestation de « juste retour » face à ses fanfaronnades publiques et à son mépris pour ses concitoyens. L’Algérie, poursuit-il, a longtemps soutenu ce type de régime autoritaire, mais se trouve désormais confrontée à ses propres failles internes et externes.
L’Algérie face à une nouvelle géopolitique
L’analyste critique la politique extérieure d’Alger, soulignant que le pays a été délesté par Trump de dossiers sensibles tels que le Sahara marocain, et que les autorités locales ont interprété le silence américain comme une peur supposée, alors qu’il pourrait présager des conséquences diplomatiques et stratégiques désagréables.
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Selon Boukrouh, la diplomatie algérienne accumule des problèmes géopolitiques majeurs: des contentieux avec le Maroc, le Mali, la Libye et le Niger, ainsi que des tensions avec Israël, la France, les Émirats arabes et la Tunisie. À cela s’ajoutent les défis internes, tels que les lois restreignant les droits des citoyens, la montée des tensions sociales et économiques, et une politique intérieure peu préparée aux changements rapides de l’arène internationale.
Il appelle ainsi à un congrès national pour repenser les stratégies intérieures et extérieures, au lieu de poursuivre des politiques à l’ancienne. Pour Boukrouh, la période actuelle impose à l’Algérie de se préparer à des scénarios complexes, face à l’influence des grandes puissances, aux voisins hostiles et aux menaces militaires et économiques.
