Accélérer le développement de l'écosystème industriel mondial en général, et de l'Afrique en particulier. C'est…
Aminou Akadiri (CEDEAO): « La co-industrialisation, un levier pour le Maroc » (vidéo)
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En marge de son intervention à la 1re édition du World Advanced Manufacturinf and Mobility Forum (WAM), qui s’est déroulée à Casablanca du 20 au 22 janvier, Aminou Akadiri, directeur exécutif de la Fédération des chambres de commerce en Afrique de l’Ouest (FEWACCI), affiliée à la CEDEAO, a livré son analyse sur les complémentarités pouvant découler de l’évolution industrielle marocaine avec le tissu productif de cet espace économique sous-régional.
Comment le Maroc peut-il servir de pont entre les pays européens et d’ailleurs qui souhaitent investir en Afrique, particulièrement dans la région ouest-africaine?
Vous savez, cette région bénéficie de près de 50 ans de politique harmonisée, où le commerce, les investissements sont conduits avec une politique qui prend en compte les intérêts de tous les États membres. Considérant que le Maroc a démontré sa capacité à servir de lien entre les pays européens et les pays africains, il est important que l’on puisse aller au-delà des politiques harmonisées que nous avons eues, utiliser les corridors commerciaux pour faire davantage d’échanges et amener davantage les PME à pouvoir s’engager dans la dynamique des chaînes de valeur.
Tout ce que nous avons au niveau de la région Afrique de l’Ouest, notamment les politiques harmonisées sur les investissements et la libre circulation des personnes et des biens, peut être un lien qui permet à tout investisseur étranger qui souhaite utiliser le Maroc comme un pont vers l’Afrique de l’Ouest, de prendre en compte la nécessité d’aller en co-investissement dans la perspective d’une co-industrialisation. En effet, c’est lorsque les entreprises se mettent ensemble, investissent ensemble, travaillent ensemble que l’on peut réellement atteindre les objectifs d’intégration économique régionale.
En somme, nous avons montré la nécessité que tout investissement qui doit aller au niveau de l’Afrique puisse prendre en compte les opérateurs économiques ou le contenu local que nous avons.
Les plateformes industrielles de la zone CEDEAO disposent-elles de la maturité nécessaire favorisant cette co-industrialisation ?
Absolument, la plateforme CEDEAO offre cette possibilité de faire de la co-création, de la co-industrialisation. Comme déjà dit, l’élément fondamental de la CEDEAO c’est l’harmonisation des politiques. Et donc dans ce cadre, toute industrie qui s’installe en Afrique de l’Ouest peut produire dans un pays et faire circuler dans les autres sans droits de douane.
Et ces politiques que nous avons au niveau de la CEDEAO sont arrimées avec la zone de libre-échange continentale.

Quels enseignements votre organisation peut-elle tirer de l’évolution industrielle du Maroc ?
Le Maroc fait partie des grandes nations d’Afrique qui ont davantage évolué dans l’industrialisation. L’avantage dont nous pouvons bénéficier du Maroc, c’est en termes de certification d’entreprises. C’est-à-dire comment le Maroc peut partager son expérience en termes de certification des PME, et de renforcement des capacités des entreprises pour avoir accès aux marchés.
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Par ailleurs, en tenant compte des partenariats existants, c’est le moment idéal pour pouvoir prendre avantage de ces réussites que nous avons en termes de transport entre les pays d’Afrique de l’Ouest et le Maroc. Également en termes de connectivité maritime, d’évolution dans le domaine industriel.
Ce sont autant d’éléments qui sont réunis pour que le Maroc puisse réellement jouer son rôle, non seulement de hub entre les pays européens et les pays africains, mais de pays assez évolué en termes d’industrialisation. Je rappelle qu’il y a déjà des études des Nations unies qui ont montré que le Maroc a un potentiel en termes d’énergie. C’est un exemple des éléments essentiels dont ont besoin nos entreprises pour renforcer leur préparation.
Quels sont, au niveau de votre région, les défis à la croissance des PME et comment abordez-vous ces challenges?
Pour les PME, le plus important c’est de travailler en cluster. Le principal défi c’est d’amener les PME dans leurs différentes chaînes de valeurs, et celles des grandes entreprises qui les accompagnent.
Prenons l’exemple de Dangoté Group (la holding de l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangoté, première fortune d’Afrique, ndlr) qui, dans sa chaîne de valeurs, réunit des milliers de PME. Il s’agit alors de mettre ensemble ces différentes PME dans leurs clusters, renforcer leurs capacités, les amener à agréger leurs produit.
Face à cela, nous avons déjà des politiques réelles qui offrent des possibilités aux PME. Notre challenge est de faire en sorte qu’elles aient ces informations et les utilisent pour tirer avantage des opportunités offertes. En clair, faire en sorte que les PME puissent réellement travailler avec ces informations qui existent, c’est ce qui est nécessaire, et c’est ce que nous faisons aujourd’hui, et qu’il est important d’accompagner.
