Finale de la CAN: les scénarios juridiques qui menacent le Sénégal

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CAN : un rapport juridique détaille les sanctions possibles contre le Sénégal après le chaos du final
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À la suite des incidents qui ont marqué la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 (CAN 2025), l’équipe nationale du Sénégal ainsi que sa fédération de football pourraient faire face à de lourdes sanctions disciplinaires.

Selon un rapport juridique, la sortie des joueurs sénégalais du terrain pendant plus de 10 minutes lors de la finale de la CAN 2025, à l’appel du sélectionneur Pape Thiaw, pourrait être qualifié de « refus illégal de reprendre le jeu », une infraction susceptible d’entraîner des sanctions financières et disciplinaires inédites au niveau continental.

Réagissant à la controverse suscitée par les incidents qui ont marqué le choc au sommet Maroc-Sénégal dimanche dernier, le rapport publié par le Centre méditerranéen d’études et de recherches en droit du sport estime que « les événements survenus dans les dernières minutes de la rencontre ne peuvent être analysés sous le prisme de l’émotion, mais doivent être examinés à la lumière d’un cadre juridique clair fondé sur les règlements de la CAF, le Code disciplinaire et le règlement de la Coupe d’Afrique des nations ».

Interruption du match et contestation inédite

La crise a éclaté durant le temps additionnel de la seconde période, après le recours à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), après que l’arbitre a accordé un penalty en faveur de la sélection marocaine. Une décision qui a provoqué une vive contestation de la part des joueurs et du staff technique sénégalais, conduisant la majorité des joueurs à quitter la pelouse, sous l’influence directe de l’entraîneur, et à refuser temporairement de reprendre le jeu.

Le match a ainsi été interrompu pendant près de 16 minutes, une durée jugée par le rapport comme ayant affecté gravement le déroulement normal de la rencontre, même si l’arbitre n’a pas officiellement déclaré le forfait du Sénégal.

Manquements organisationnels et actes de violence

Le rapport relève également l’intrusion sur la pelouse de personnes non autorisées, ne faisant pas partie du staff officiel sénégalais, en violation manifeste des règles d’organisation.

Il fait en outre état d’actes de violence imputés à une partie des supporters sénégalais, notamment des tentatives d’envahissement du terrain, des agressions contre les forces de sécurité, des membres du comité d’organisation et certains journalistes, ainsi que des dégradations de sièges et de panneaux publicitaires à l’intérieur du stade.

Retrait ou refus de jouer?

Sur le plan juridique, le Centre méditerranéen d’études et de recherches en droit du sport estime que la situation constitue un « cas disciplinaire complexe ». En effet, la procédure complète du forfait n’a pas été activée par l’arbitre, et l’équipe sénégalaise a finalement réintégré la pelouse.

Lire aussi. CAN 2025: 18 supporters sénégalais et un Algérien interpellés pour « hooliganisme »

Toutefois, le rapport précise que les faits « ne constituent pas un retrait formel du match », mais qu’ils s’apparentent clairement à un refus illégal de poursuivre la rencontre, infraction passible de sanctions disciplinaires selon les textes de la CAF.

Responsabilité de la Fédération sénégalaise

Le document souligne la responsabilité directe de la Fédération sénégalaise de football quant au comportement de ses joueurs, de son encadrement et de ses supporters, rappelant que le droit disciplinaire de la CAF repose sur le principe de responsabilité objective.

À ce titre, l’article 148 du Code disciplinaire pourrait être appliqué, prévoyant une amende minimale de 20.000 dollars, avec possibilité de sanctions plus lourdes en cas de gravité avérée.

Le rapport note également que les joueurs sénégalais ont écopé de quatre cartons jaunes durant la rencontre, ce qui constitue, selon l’article 130, une faute de « mauvaise conduite collective », passible d’une amende pouvant atteindre 15.000 dollars, avec un alourdissement possible compte tenu du caractère final de la rencontre.

Sanctions liées aux supporters

Concernant les violences commises par les supporters, le centre rappelle que la FSF demeure pleinement responsable des actes de ses fans. Les règlements autorisent l’imposition de lourdes amendes, voire des sanctions complémentaires telles que le huis clos lors de futures compétitions.

Trois scénarios juridiques possibles

Le rapport identifie trois scénarios disciplinaires envisageables :

·         Premier scénario : qualifier les faits de simple protestation illégitime, assortie d’amendes et de sanctions individuelles, sans remise en cause du résultat du match.

·         Deuxième scénario, jugé le plus probable : requalifier les faits en refus illégal de poursuivre la rencontre, entraînant des sanctions financières sévères, des sanctions individuelles contre l’entraîneur et les joueurs, ainsi qu’une responsabilité directe de la FSF. Ce scénario constituerait une jurisprudence inédite dans l’histoire de la CAN.

·         Troisième scénario : considérer l’incident comme un retrait officiel du match. Bien que juridiquement envisageable, cette hypothèse demeure, selon le rapport, peu probable dans son application pratique.

Pour le centre, les faits constituent « une infraction disciplinaire grave portant atteinte à l’autorité de l’arbitre et au bon déroulement des compétitions continentales ».

Il estime enfin que les instances disciplinaires de la CAF devraient privilégier le deuxième scénario, jugé le plus équilibré, car il permet à la fois de préserver l’autorité arbitrale, de garantir la stabilité de la compétition et de dissuader toute répétition de tels comportements à l’avenir.

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