Barrages du Maroc: plus de 9 milliards m³ stockés, l’Oum Er-Rbia reste sous tension

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Barrages du Maroc : les réserves d’eau franchissent 9 milliards de m³, amélioration confirmée à Oum Er-Rbia
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Les importantes précipitations enregistrées cette saison continuent d’améliorer la situation hydrique nationale. Le stock global en eau dépasse désormais 9 milliards de mètres cubes, avec un taux moyen de remplissage des barrages proche de 54 %, selon les données du ministère de l’Équipement et de l’Eau arrêtées au 27 janvier 2026.

D’après la plateforme Maadialna, spécialisée dans le suivi de la situation hydrique au Maroc, le taux de remplissage global des barrages atteint précisément 53,9 %, représentant un volume stocké d’environ 9,05 milliards de mètres cubes, contre 4,67 milliards de m³ à la même date en 2025.

Cette évolution traduit une amélioration significative de la situation hydrique nationale, après plusieurs années consécutives de sécheresse sévère. Toutefois, cette reprise globale masque de fortes disparités régionales et confirme la vulnérabilité persistante de plusieurs bassins hydrauliques stratégiques, notamment ceux à forte vocation agricole.

Des bassins du Nord et du centre globalement bien alimentés

Les bassins hydrauliques du Sebou, du Bouregreg, du Loukkos et du Tensift affichent des niveaux de remplissage confortables, assurant une relative sécurité hydrique, en particulier pour l’alimentation en eau potable des grandes agglomérations.

Bassin hydraulique du Bouregreg

Le bassin du Bouregreg frôle la saturation avec 96,5 % de remplissage, porté principalement par le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah, pilier stratégique de l’alimentation en eau potable des régions de Rabat-Salé-Kénitra et de Casablanca.

Taux par barrage :

  • Sidi Mohammed Ben Abdellah : 99%965,6 Mm³
  • Tamesna : 81%45,7 Mm³
  • El Malah : 79% — 29,6 Mm³
  • El Hmar : 24% — 3,4 Mm³

Bassin hydraulique du Sebou

Premier réservoir hydraulique du pays, le bassin du Sebou affiche un taux de remplissage de 63,8 %. Plusieurs barrages y sont totalement remplis, notamment Oued El Makhazine (province de Ouazzane), Charif Al Idrissi (province de Larache) et Bab Louta (province de Taza).

Cette dynamique confirme le rôle central du Sebou dans la sécurité hydrique nationale.

Taux par barrage :

  • Bouhouda : 100% — 44,7 Mm³
  • Bab Louta : 100% — 33,8 Mm³
  • Allal Al Fassi : 98% — 62,6 Mm³
  • Al Wahda : 68% — 2 413,9 Mm³
  • Al Qantara : 60% — 130,8 Mm³
  • Sahla : 58% — 39,5 Mm³
  • Mchlifene : 57% — 0,8 Mm³
  • Idriss Ier : 54% — 619,8 Mm³
  • Sidi Chahed : 51% — 79,2 Mm³
  • Asfalou : 38% — 107,1 Mm³
  • Mna Sebou (tel qu’affiché) : 38% — 15,5 Mm³

Bassin hydraulique du Loukkos

Le bassin du Loukkos atteint 69,8 % de remplissage, soutenu par plusieurs barrages à 100 %, dont Oued El Makhazine, Charif Al Idrissi, Ibn Battouta, Chefchaouen et Nakhla, traduisant une situation hydrique très favorable dans le nord du pays.

Taux par barrage :

  • Oued El Makhazine : 100% — 672,8 Mm³
  • Charif Al Idrissi : 100% — 121,6 Mm³
  • Ibn Battouta : 100% — 29,1 Mm³
  • Chefchaouen : 100% — 12,2 Mm³
  • Nakhla : 100% — 4,21 Mm³
  • Smir : 86% — 33,7 Mm³
  • Kharroub : 78% — 148,5 Mm³
  • Tanger Méditerranée : 76% — 16,8 Mm³
  • Moulay El Hassan Ben El Mehdi : 66% — 15,6 Mm³
  • Dar Khrofa : 37% — 180,2 Mm³
  • 9 avril 1947 : 31% — 95,7 Mm³
  • Mohammed Ben Abdelkrim El Khattabi : 20% — 2,4 Mm³
  • Jomaa : 13% — 0,7 Mm³

Bassin hydraulique du Tensift

Dans le Tensift, le taux de remplissage moyen s’élève à 79,5 %. Des barrages majeurs comme Moulay Abderrahmane et Abou Al Abbas Sebti affichent des niveaux proches de la pleine capacité, assurant une situation confortable autour de Marrakech et de sa périphérie.

  • Moulay Abderrahmane : 100% — 64,4 Mm³
  • Abou Al Abbas Sebti : 96% — 23,9 Mm³
  • Mohammed Ben Slimane Al Jazouli : 94% — 14,5 Mm³
  • Yaacoub Al Mansour : 81% — 56,7 Mm³
  • Lalla Takerkoust : 37% — 19,7 Mm³

Ces bassins garantissent actuellement une stabilité relative pour l’eau potable et une partie des besoins agricoles.

Centre et Sud: des bassins toujours sous forte pression

À l’inverse, plusieurs bassins hydrauliques à forte vocation agricole restent en situation de stress hydrique élevé, malgré l’amélioration générale observée à l’échelle nationale.

Bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbia

Véritable poumon agricole du pays, le bassin de l’Oum Er-Rbia n’affiche que 29,9 % de remplissage, pour un volume stocké de 1,48 milliard de m³.

Si certains barrages secondaires sont presque pleins — Moulay Youssef, Aït Messaoud et Timinoutine — les grands ouvrages structurants demeurent à des niveaux préoccupants :

  • Moulay Youssef : 99% — 142,4 Mm³
  • Aït Messaoud : 97% — 13,9 Mm³
  • Timinoutine : 96% — 1,3 Mm³
  • Sidi Driss : 95% — 2,3 Mm³
  • Daourat : 90% — 6,1 Mm³
  • Ahmed Al Hansali : 59% — 396,3 Mm³
  • Imfout : 52% — 4,9 Mm³
  • Hassan Ier : 46% — 109,6 Mm³
  • Bin El Ouidane : 36% — 445,8 Mm³
  • Sidi Said Maachou : 30% — 0,3 Mm³
  • Al Massira : 13% — 361,1 Mm³

Cette situation continue de peser lourdement sur l’irrigation, la production agricole et la production hydroélectrique.

Bassin hydraulique de la Moulouya

Le bassin de la Moulouya plafonne à 41,4 % de remplissage, avec de fortes disparités internes entre les barrages.
Sa capacité à soutenir durablement les usages agricoles et industriels demeure limitée.

Taux par barrage :

  • Ali Ouad Ezza : 100% — 94,8 Mm³
  • Mechra Hamadi : 63% — 2,9 Mm³
  • Mohamed V : 61% — 101,6 Mm³
  • Hassan II : 21% — 85,1 Mm³
  • Tamalout : 20% — 9,9 Mm³
  • Injel : 19% — 2,4 Mm³

Bassin hydraulique de Drâa–Oued Noun

Le bassin Drâa–Oued Noun reste fragile avec 31 % de remplissage. Les principaux barrages — Agdez (42%), Mansour Eddahbi (33%), Touizgui Remz (25%) et Moulay Ali Cherif (19%) — affichent des niveaux modestes, confirmant la vulnérabilité structurelle des zones présahariennes face à la variabilité climatique.

Taux par barrage :

  • Agdez : 42%103,2 Mm³
  • Mansour Eddahbi : 33% — 148,2 Mm³
  • Touizgui Remz : 25% — 19,8 Mm³
  • Moulay Ali Cherif : 19% — 53,7 Mm³

Dans ces régions, la pression sur l’eau agricole et les nappes souterraines demeure forte, malgré les efforts de rationalisation engagés.

Souss–Massa: une amélioration encore insuffisante

Le bassin hydraulique du Souss–Massa atteint 53,4 % de remplissage, un niveau intermédiaire qui traduit une amélioration notable par rapport aux années précédentes.

Toutefois, des barrages structurants comme Youssef Ben Tachfine (47%) et Abdelmoumen (27%) demeurent sous tension, maintenant la région dans une dépendance accrue au dessalement et aux ressources en eau non conventionnelles.

  • Moulay Abdellah : 100% — 90,5 Mm³
  • Aoulouz : 100% — 88,9 Mm³
  • Ahl Souss : 99% — 4,6 Mm³
  • Dkhila : 94% — 0,2 Mm³
  • Imi El Kheng : 59% — 5,7 Mm³
  • Youssef Ben Tachfine : 47% — 141,0 Mm³
  • Abdelmoumen : 27% — 54,4 Mm³
  • Mokhtar Soussi : 10% — 4,2 Mm³

Une accalmie du stress hydrique

Si les chiffres de janvier 2026 témoignent d’une reprise nette des réserves hydriques, ils rappellent surtout que la sécurité hydrique du Maroc reste inégalement répartie, que les bassins agricoles majeurs demeurent vulnérables et que la dépendance aux solutions structurelles — dessalement, interconnexions entre bassins et économies d’eau — est désormais incontournable.

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Pour autant, ces données confirment que les dernières précipitations ont renforcé les réserves stratégiques des barrages, améliorant leur capacité à répondre aux besoins en eau potable, pour l’irrigation et l’usage industriel, malgré des pressions climatiques persistantes. Elles favorisent également la recharge des nappes phréatiques, contribuant à une meilleure disponibilité de l’eau souterraine pour l’agriculture et l’approvisionnement des populations

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