Crise France–Algérie : Ségolène Royal plaide à Alger pour un geste d’apaisement

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Ségolène Royal

Alors que la crise s’éternise entre la France et l’Algérie et que les canaux officiels semblent à bout de souffle, l’ex ministre socialiste Ségolène Royal s’est posée en médiatrice lors d’une visite à Alger vendredi, disant avoir « obtenu » le transfert près d’Alger du journaliste français emprisonné Christophe Gleizes.

Reçue notamment par le président Abdelmadjid Tebboune, elle a eu l’autorisation de rendre visite au journaliste français, condamné à 7 ans de prison pour « apologie du terrorisme ».

Son transfert depuis Tizi-Ouzou, à 100 km à l’est de la capitale algérienne, où il était détenu depuis juin « va le rapprocher (de sa famille) et faciliter les visites« , a déclaré Mme Royal, en remerciant les autorités algériennes pour ce « geste humanitaire« .

A part ses parents et le cardinal franco-algérien d’Alger, Jean-Paul Vesco, Christophe Gleizes – qui fêtera ses 37 ans samedi – n’a reçu « aucune autre visite », a rappelé l’ancienne ministre qui dit avoir également « appuyé » la demande de grâce de sa famille auprès du président Abdelmadjid Tebboune.

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Celle qui est devenue en décembre présidente de l’Association France Algérie (AFA) a assuré que le dirigeant algérien était prêt au dialogue « dès lors que le respect et la considération sont au rendez-vous ».

Les relations restent acrimonieuses entre Paris et Alger et les coopérations de sécurité et économique sont au plus bas.

Une visite du ministre de l’Intérieur français Laurent Nuñez, invité par son homologue, ne s’est pas encore concrétisée. M. Nuñez a dit vendredi matin sur France Inter attendre d’Alger « des bougés très forts sur deux sujets »: « la reprise des reconduites des Algériens en situation irrégulière », ainsi que « la situation de Christophe Gleizes ».

Climat délétère

La crise diplomatique entre les deux pays a éclaté après la reconnaissance, à l’été 2024 par Paris, d’un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara.

Depuis, une série d’épisodes sont venus entretenir les tensions. Parmi eux, la détention et la condamnation en Algérie de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, finalement libéré, celle de Christophe Gleizes, ou encore l’incarcération en France d’un agent consulaire algérien accusé d’être impliqué dans l’enlèvement d’un influenceur.

Tout récemment, Alger a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de France pour protester contre une émission Complément d’enquête diffusée sur la chaîne publique France 2, estimant c’était « une véritable agression contre l’Etat algérien, ses institutions et ses symboles ».

C’est dans ce climat délétère que Ségolène Royal, qui fut candidate à l’élection présidentielle en France en 2007, est venue plaider pour une « reconstruction de l’amitié entre la France et l’Algérie ».

Elle a expliqué à l’AFP être venue en tant que présidente de l’Association France Algérie et à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie algérienne, « pas du tout » en mission officieuse pour le président français Emmanuel Macron.

Elle avait indiqué un peu plus tôt avoir informé le chef de l’Etat de son initiative et qu’elle comptait, à son retour en France, l' »aider en lui donnant les éléments dont (elle) dispose ».

Elle a notamment déclaré que le « premier geste » d’apaisement qu’il « doit faire » est la restitution des biens culturels spoliés pendant la colonisation française (1830-1962).

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