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Pluies exceptionnelles : le début d’hiver 2025-2026 parmi les plus arrosés en 45 ans
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La Direction générale de la météorologie (DGM) indique que l’hiver en cours figure, à ce stade, comme le troisième plus pluvieux depuis des décennies, après les saisons 1996 et 2010, en raison d’une succession inhabituelle de perturbations atlantiques ayant affecté le Maroc.
La lecture analytique de la série pluviométrique sur 45 ans (de la saison 1981-1982 à 2025-2026) montre que la première moitié de l’hiver en cours constitue un pic de précipitations rarement observé depuis près de deux décennies, explique la DGM.
Selon les dernières données, les dépressions atlantiques continuent d’influencer indirectement le pays, générant des pluies intermittentes parfois accompagnées de vents soutenus, des chutes de neige sur les reliefs de l’Atlas et du Rif, une baisse relative des températures et une mer agitée.
Des précipitations restent attendues jusqu’à lundi, surtout sur le nord-ouest et le Rif. Une stabilisation progressive est toutefois prévue à partir de mardi, avec l’extension de l’anticyclone des Açores, davantage d’ensoleillement et un recul des pluies, d’abord sur le centre puis sur la majorité des régions.
Explications de la DGM
Selon les données consolidées par la Direction générale de la météorologie, le cumul national a atteint 111 mm sur les seuls mois de décembre et janvier, ce qui place la saison actuelle au troisième rang des débuts d’hiver les plus pluvieux de l’historique moderne des mesures, derrière 1996 et 2010.
Ce niveau est d’autant plus remarquable qu’il tranche avec la succession récente d’années déficitaires ayant marqué la dernière décennie, notamment 2024 et 2025. Le seuil des 100 mm cumulés à l’échelle nationale en deux mois constitue un événement statistiquement rare, observé dans moins de 10% des saisons depuis le début des années 1980.
Ce positionnement confère à la saison en cours le statut de référence hydrologique intermédiaire, avec des effets positifs attendus sur les réserves en eau, les barrages et l’activité agricole, sous réserve de la répartition spatiale et temporelle des pluies sur le reste de l’hiver.
Cumuls record au nord-ouest
Les cumuls de précipitations enregistrés entre le 1er et le 6 février à 6h du matin montrent de forts contrastes régionaux au Maroc, avec une concentration exceptionnelle des pluies dans le nord et le nord-ouest du pays, indique la Direction générale de la météorologie (DGM).
En tête, Tanger a enregistré 197 mm, suivie de Chefchaouen avec 185 mm et Tanger-Port avec 152 mm. Les valeurs dépassent également 100 mm à Larache (102,2 mm). Les zones de relief ont aussi reçu d’importantes quantités, notamment Ifrane (94 mm) et Tétouan (81 mm).
Dans les plaines atlantiques, les cumuls atteignent 77,2 mm à Kénitra et 58,3 mm à Rabat–Salé. Les villes du centre comme Meknès, Rabat (33,2 mm) et Casablanca (31,2 mm) ont connu des pluies modérées. Plus au sud, les quantités restent plus faibles : 15 mm à Safi, 14,4 mm à Marrakech et autour de 7 mm à Agadir.
Le bassin du Loukkos figure parmi les plus arrosés, avec des cumuls équivalant localement à deux ou trois mois de pluie en seulement cinq jours.
Pics sur 24 à 48 heures
Entre lundi et mardi, les cumuls ont été particulièrement marqués : 142 mm à Tanger, 111 mm à Chefchaouen et 76 mm à Larache en 48 heures. Sur 24 heures, plusieurs stations de la province de Taounate ont relevé des niveaux exceptionnels, dépassant localement 100 mm.
Cette situation s’explique par un affaiblissement du vortex polaire, favorisant la descente d’air froid et un décalage vers le sud des perturbations atlantiques. Le renforcement du courant-jet a également facilité le transport massif d’humidité — des « rivières atmosphériques » — vers le nord-ouest du Maroc.
Ainsi, selon les données climatiques disponibles, la première moitié de l’hiver en cours figure déjà parmi les plus arrosées depuis des décennies. Si cette dynamique pluviométrique se poursuit durant les prochaines semaines, la saison actuelle pourrait se hisser parmi les hivers les plus humides jamais enregistrés dans l’histoire contemporaine du Maroc.
