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Maroc: le nombre idéal d’élèves par classe pour booster les performances (étude)
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Une récente étude fondée sur les données PISA 2022 met en lumière l’ampleur du fossé pédagogique au Maroc. Pour garantir un apprentissage efficace, les classes devraient compter 23 à 24 élèves, selon les chercheurs. Or, la moyenne nationale frôle aujourd’hui 37 élèves par classe.
Dans une étude publiée dans l’International Journal of Educational Development, les chercheurs Youness Lagdiri et Naoual Ouazzani Touhami dressent un constat sans appel: l’école publique marocaine étouffe sous le poids de ses effectifs.
En croisant les résultats PISA de près de 6.000 élèves marocains avec des modèles économétriques, les auteurs de l’étude identifient un seuil optimal: 23,4 élèves par classe pour maximiser les performances en mathématiques, sciences et lecture.
Mais la réalité est tout autre. Au collège, un enseignant gère en moyenne 36,5 élèves. Ce surplus n’est pas un simple inconfort: c’est un handicap structurel. Selon l’étude, descendre sous les 23 élèves permettrait un gain immédiat de 15 à 20 points sur l’échelle PISA. À l’inverse, au‑delà de 30 élèves, les performances chutent brutalement.
Un coût élevé, mais un investissement rentable
Réduire la taille des classes nécessiterait un effort structurel considérable. Selon l’étude, atteindre l’objectif de 23 élèves par classe impliquerait d’abord une augmentation de 49 % du coût par élève, un niveau d’investissement inédit pour le système éducatif marocain.
Un tel objectif supposerait également le recrutement de 55 % d’enseignants supplémentaires, afin d’absorber la création de milliers de nouvelles divisions pédagogiques. À cela s’ajoute un plan d’infrastructures étalé sur six à huit ans, indispensable pour construire ou réhabiliter les salles de classe nécessaires.
L’étude souligne un autre point crucial: la réduction des effectifs profite d’abord aux élèves issus de milieux défavorisés. Dans une classe de 40 élèves, l’enseignant passe en effet plus de temps à gérer qu’à enseigner. Les élèves les plus fragiles, ceux qui manquent de soutien familial, décrochent donc les premiers.
Conscients des contraintes budgétaires — l’éducation représente déjà près de 6 % du PIB — les auteurs de l’étude proposent une trajectoire intermédiaire: si l’objectif de 23 élèves reste lointain, un seuil de 28 à 30 élèves permettrait déjà d’éviter la zone de dégradation critique.
La qualité de l’école marocaine dépend autant de la taille des classes que des programmes ou de la digitalisation. À 40 élèves, la pédagogie cède la place à la gestion d’effectif. Un changement s’impose.
