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Lait au Maroc: les éleveurs alertent sur un risque d’effondrement de la production
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Face à la flambée des coûts de l’alimentation animale, à l’afflux de bovins importés destinés à l’abattage et à la domination des circuits de collecte, les éleveurs marocains tirent la sonnette d’alarme.
La production nationale de lait serait menacée, avec un risque réel de faillites en chaîne et d’affaiblissement de la souveraineté alimentaire dans les mois à venir. C’est l’avertissement lancé par le Bureau national élargi du Syndicat national des agriculteurs, affilié à l’Union nationale du secteur agricole (UMT), qui dénonce une dégradation rapide des conditions économiques des éleveurs et des coopératives laitières.
Dans un communiqué, l’organisation syndicale évoque un «risque d’effondrement» de la production nationale, pointant notamment la hausse continue des prix des aliments pour bétail, la concurrence des bovins importés destinés principalement à l’abattage, ainsi que les pratiques qu’elle attribue aux entreprises dominantes dans la collecte et la commercialisation du lait.
L’importation de bovins fragilise la production nationale
Selon le syndicat, l’importation massive de bovins orientés vers la production de viande contribue à déséquilibrer la filière laitière. Cette politique, estime-t-il, se fait au détriment des vaches laitières et de l’élevage local, fragilisant l’ensemble de la chaîne de production.
La situation exposerait particulièrement les petits éleveurs, déjà affectés par la hausse des charges, à des difficultés financières pouvant conduire à des cessations d’activité, avec des répercussions directes sur l’offre nationale et la stabilité du marché.
La flambée des aliments pour bétail au cœur des inquiétudes
La hausse des prix des aliments composés et des fourrages constitue l’un des principaux facteurs de la crise actuelle. Le syndicat dénonce en effet une spéculation persistante sur ces produits essentiels, aggravée par les déséquilibres structurels du marché.
Les éleveurs réclament des mesures urgentes pour réguler les prix, protéger les races locales et renforcer les programmes de recherche agricole, afin de réduire la dépendance du Maroc vis-à-vis des importations et préserver son autonomie alimentaire.
Des revendications sociales et économiques élargies
Au-delà de la question de la production laitière, le syndicat appelle le gouvernement à suspendre les mesures coercitives liées aux cotisations à l’assurance maladie obligatoire, soulignant les difficultés rencontrées par de nombreux agriculteurs pour se conformer à ces obligations dans un contexte économique tendu.
L’organisation demande également l’octroi de crédits adaptés aux agriculteurs, la levée des restrictions sur le creusement de puits pour les petits exploitants et l’adoption de mesures de soutien en faveur des régions touchées par les récentes catastrophes climatiques.
Un enjeu stratégique pour la souveraineté alimentaire
Pour les représentants de la profession, la crise actuelle dépasse le cadre sectoriel et pose la question plus large de la souveraineté alimentaire du Royaume. La fragilisation de la production nationale pourrait accroître la dépendance aux importations et exposer le marché intérieur à de nouvelles tensions.
Le syndicat a toutefois salué l’ouverture au dialogue exprimée par le ministre de l’Agriculture lors d’une récente rencontre, espérant que celle-ci débouchera sur des mesures concrètes pour stabiliser la filière et préserver l’équilibre du secteur.
