À en croire les chiffres publiés par l’Agence française pour la promotion de l’enseignement supérieur,…
France: deux frères marocains inculpés et écroués pour «projet terroriste»
Publié le
Faute de pouvoir partir « mener le jihad en Syrie ou en Palestine », ils ont déclaré « aspirer au martyr » en France: deux frères marocains soupçonnés d’avoir nourri un projet « mortifère et antisémite » ont été inculpés dimanche par un juge antiterroriste et écroués.
L’aîné des deux frères, Elyasse H., âgé de 22 ans, est étudiant en école d’ingénieur. Le cadet, Moad H., 20 ans, est sans emploi. Tous deux sont de nationalités italienne et marocaine. Ils résident dans le Pas-de-Calais (nord de la France), a précisé une source proche du dossier.
Ils avaient été arrêtés mardi à l’aube dans une voiture stationnée près de la prison de Longuenesse, dans la même région, a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat) dans un communiqué.
A bord, les policiers avaient découvert une arme semi-automatique chargée de munitions de 9 mm, une bouteille d’acide chlorhydrique et de l’aluminium – des produits pouvant servir à la confection d’engins explosifs – ainsi qu’un drapeau de l’organisation jihadiste Daech.
Le Pnat s’est saisi de l’affaire, découvrant ensuite que ces deux frères, arrivés en France avec leurs parents en 2017 après plusieurs années passées en Italie, avaient consulté depuis plusieurs mois une « abondante propagande jihadiste ».
Lire aussi. La DGST marocaine aide l’Autriche à déjouer un attentat terroriste de Daech
En garde à vue, les deux frères ont reconnu « nourrir depuis quelques semaines, face au constat de l’impossibilité de partir mener le jihad au Sham (en Syrie, NDLR) ou en Palestine, un projet terroriste en France pour lequel ils aspiraient au martyr », a précisé le Pnat.
« L’exploitation des supports numériques saisis ainsi que les déclarations de leur entourage familial traduisent une radicalisation des deux frères depuis deux ans », a-t-il poursuivi.
Quelques jours avant leur interpellation, « leur engagement jihadiste et (les) démarches entreprises dans un projet terroriste dont le caractère mortifère et antisémite apparaît établi » ont connu « une nette intensification », a souligné le ministère public.
Vidéo d’allégeance à Daech
Au point de laisser « présager de l’imminence d’un passage à l’acte violent », après « des échanges avec différents interlocuteurs sur des messageries cryptées dans les jours et semaines précédant leurs interpellations, visant notamment à la recherche d’armes de poing ou de fusils d’assauts », a détaillé le Pnat.
Une vidéo d’allégeance à Daech réalisée par Moad H. le 7 mars a été découverte, et il apparaît « en contact avec plusieurs personnes radicalisées ou mises en examen ou condamnées pour une infraction terroriste », a noté le parquet.
Lire aussi. Criminalité, terrorisme, drogues: un taux d’élucidation de 95% en 2025 (rapport DGSN)
Sur d’autres photos et vidéos, « ils se mettent en scène en utilisant des armes à feu ou en exhibant un couteau, en tenue de combattant, l’index levé vers le ciel devant le drapeau de l’Etat islamique », a ajouté le Pnat.
Les enquêteurs n’ont pas déterminé quelle était leur cible, a précisé une source proche du dossier.
Ces éléments ont conduit à leur inculpation pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, ainsi que pour acquisition et port d’arme. Elyasse et Moad H. ont été placés en détention provisoire.
Lors de la perquisition au domicile des deux frères, les policiers ont retrouvé plus de 7.000 euros en espèces. Avant d’être placée en garde à vue, leur mère a tenté de cacher une arme 8 mm et un ensemble de munitions (30 munitions de calibre 9 mm et 50 cartouches), selon le parquet. Cette mesure a été levée samedi, même si l’enquête se poursuit pour soustraction de l’objet d’un crime.
