Guerre au Moyen-Orient : vers « la pire crise industrielle de mémoire humaine »

Publié le
Moyen-Orient: la Chambre de commerce internationale craint "la pire crise industrielle de mémoire humaine"
John Denton, secrétaire général de la Chambre de commerce internationale © DR

La guerre au Moyen-Orient pourrait engendrer « la pire crise industrielle de mémoire humaine », a averti mercredi le patron de la Chambre de commerce internationale, à la veille de l’ouverture de la conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé, au Cameroun.

La Chambre de commerce internationale tire la sonnette d’alarme : la guerre au Moyen-Orient pourrait déclencher « la pire crise industrielle de mémoire humaine ».

Son secrétaire général, John Denton, a lancé cet avertissement à la veille de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce à Yaoundé, aux côtés de sa directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala.

Une crise énergétique aux répercussions globales

Selon John Denton, l’impact du conflit dépasse largement la région concernée. La flambée des prix de l’énergie et les perturbations de production pourraient désorganiser durablement l’économie mondiale.

Il rappelle que le monde fait face à une crise énergétique plus grave que les chocs pétroliers des années 1970, avec des entreprises contraintes de réduire leur production ou d’invoquer la force majeure sur leurs contrats.

Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions

La situation est aggravée par les tensions autour du détroit d’Ormuz, partiellement fermé par l’Iran depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février.

Ce passage stratégique assure habituellement le transit d’environ 20 % du pétrole mondial, ainsi qu’une part importante du gaz naturel liquéfié. Son blocage a entraîné une envolée des prix de l’énergie et fragilisé les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Une industrie sous pression croissante

Les conséquences sont déjà visibles dans plusieurs secteurs clés. L’industrie chimique, l’énergie et d’autres chaînes d’approvisionnement critiques sont fortement perturbées par les pénuries de gaz et de matières premières.

De grandes entreprises commencent à réduire leurs capacités de production, tandis que les ruptures d’approvisionnement se multiplient.

Un risque majeur pour l’agriculture mondiale

Au-delà de l’industrie, l’agriculture est également menacée. Les perturbations du commerce des engrais, dont une grande partie transite par le détroit d’Ormuz, font craindre des pénuries pour la prochaine saison agricole.

Lire aussi: Guerre au Moyen-Orient : le détroit d’Ormuz, nouvel épicentre du conflit

Selon l’Organisation mondiale du commerce, près d’un tiers des exportations mondiales d’engrais empruntent cette voie stratégique, ce qui expose particulièrement les pays africains à des hausses de prix et à des difficultés d’approvisionnement.

Un appel à une mobilisation internationale urgente

Face à cette situation, John Denton appelle la communauté internationale à agir rapidement pour rétablir la sécurité de la navigation dans le Golfe et limiter les impacts économiques.

Lire aussi: Washington assure avoir réduit la capacité de l’Iran à menacer le détroit d’Ormuz

Il a également annoncé son engagement dans une initiative portée par les Nations unies visant à répondre à la crise du détroit d’Ormuz.

Dans un contexte de tensions persistantes, l’économie mondiale apparaît plus que jamais vulnérable à une crise systémique aux répercussions potentiellement durables.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Guerre au Moyen-Orient : vers « la pire crise industrielle de mémoire humaine »

S'ABONNER
Partager
S'abonner