Conjoncture : une économie marocaine soutenue dans un contexte mondial résilient

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Conjoncture MEF Economie
Le siège du ministère de l'Economie et des Finances. ©DR

L’économie mondiale affiche une croissance résiliente malgré les tensions géopolitiques, tandis que l’économie marocaine est portée par des secteurs primaires, secondaires et tertiaires dynamiques. Mais derrière ces performances, la note de conjoncture n°349 de mars 2026 souligne un déficit budgétaire et commercial en aggravation.

Le document de la direction des études et des prévisions financières publié mercredi, indique que la croissance mondiale devrait atteindre 3,3 % en 2026. Un rythme similaire à celui de 2025, traduisant une résilience alors que l’environnement international est exposé à des risques persistants, notamment géopolitiques et commerciaux. La zone euro affiche une croissance modérée de 1,3 %, avec une reprise en Allemagne (1,1 % après 0,2 %), en France (1 % après 0,8 %) et en Italie (0,7 % après 0,5 %), mais un ralentissement en Espagne (2,1 % après 2,8 %).

Sur le plan monétaire, l’euro s’échangeait à 1,16 dollar le 23 mars, en baisse de 3,2 % depuis son pic de janvier mais en hausse de 7,1 % sur un an. Côté énergie, le Brent a atteint 110 dollars le baril, soit une envolée de 55 % depuis fin février et de 76 % depuis le début de l’année, illustrant la pression persistante sur les marchés.

Economie: des secteurs nationaux portés par des dynamiques positives

Au Maroc, le secteur primaire bénéficie de conditions climatiques favorables. Le taux de remplissage des barrages a bondi de 36,8 points pour atteindre 71,6 % au 16 mars, tandis que la valeur des débarquements de la pêche côtière et artisanale a progressé de 2,8 % à fin février.

Quant au secteur secondaire, il affiche également une dynamique encourageante. L’indice de production manufacturière a augmenté de 4,1 % à fin 2025, avec un taux d’utilisation des capacités de 77,4 % en janvier. Le secteur extractif progresse de 7 %, porté par une hausse de 13,7 % des exportations de phosphates. La production d’électricité a légèrement augmenté (+0,8 % à fin janvier), mais les ventes de ciment reculent fortement (-15,8 % à fin février), signalant un ralentissement dans la construction.

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Pour ce qui est du tertiaire, il confirme sa vitalité, avec un tourisme en progression : arrivées en hausse de 3 %, nuitées de 12 % et recettes voyages de 19,3 % à fin janvier. Idem pour le transport avec une hausse de 14,7 % du trafic aérien et de 8,9 % du trafic portuaire global. Les télécommunications enregistrent également une performance positive, avec une croissance de 1,5 % du parc mobile et de 3,1 % du parc internet.

Déficit budgétaire et tensions commerciales

Concernant les équilibres financiers, la consommation des ménages reste soutenue par la baisse de l’IPC (-0,6 % en février 2026 contre +2,6 % un an plus tôt), l’évolution positive des crédits à la consommation (+3,8 %) et le maintien des transferts des MRE (9,4 milliards de dirhams à fin janvier). L’investissement est stimulé par les grands chantiers et une hausse de 37,1 % des dépenses d’équipement du Budget général de l’État.

Déficit budgétaire février 2026
Nadia Fettah, ministre de l’Economie et des Finances (à droit) et Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget (à gauche), auront certainement du fil à retordre pour concilier prévisions budgétaires et réalités économiques © DR

Cependant, les échanges extérieurs affichent un déséquilibre. Les exportations reculent de 2,7 % à fin janvier, malgré la hausse des ventes automobiles (+19,1 %) et aéronautiques (+8,7 %). Les importations progressent légèrement (+0,4 %), tirées par les produits finis de consommation (+17,1 %) et les biens d’équipement (+12,9 %), mais plombées par la baisse des produits énergétiques (-19,5 %) et alimentaires (-15,4 %). Résultat, le déficit commercial s’aggrave de 5,1 %, avec un taux de couverture en repli à 57,5 %.

Sur le plan budgétaire, le déficit atteint 34,5 milliards de dirhams à fin février, contre 24,8 milliards un an plus tôt, en raison d’une baisse des recettes ordinaires (-4,7 %) et d’une hausse des dépenses (+9,1 %). Le financement de l’économie reste toutefois dynamique, avec une croissance des crédits bancaires de 8,4 % à fin janvier, portée par les crédits au secteur financier (+23,8 %) et non financier (+5,3 %).

Enfin, la Bourse de Casablanca enregistre un repli pour le deuxième mois consécutif : le MASI recule de 2,8 % et le MASI 20 de 4,4 % à fin février, ramenant leur performance depuis fin décembre à -3,7 % et -7,1 %.

En somme, cette note de conjoncture met en lumière une économie mondiale résiliente mais sous tension, un Maroc porté par des secteurs productifs dynamiques, et des déséquilibres budgétaires et commerciaux persistants.

Si les fondamentaux restent solides, la hausse du déficit et la volatilité des marchés imposent une vigilance accrue pour maintenir la trajectoire de croissance et consolider les équilibres macroéconomiques.

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