Les marchés financiers naviguent à vue face à la guerre au Moyen-Orient

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Marchés mondiaux : l’incertitude domine sur fond de guerre au Moyen-Orient
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L’incertitude demeure sur les marchés: les Bourses mondiales débutent la semaine à tâtons, faute de signaux concrets de désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, qui fait toujours grimper les prix du pétrole.

En Europe, vers 11H10 GMT, à la mi-séance, Paris grappillait 0,11%, et Francfort (+0,04%) restait stable. Londres avançait nettement (+0,74%), portée par les majors pétrolières qui profitaient de la hausse du brut.

A Wall Street, les contrats à terme portant sur les principaux indices laissaient présager une ouverture en légère hausse.

En Asie, l’indice Nikkei de Tokyo a lâché 2,79%. A Séoul, le Kospi a perdu 2,97%.

« Les marchés sont toujours fébriles, conséquence de l’incertitude géopolitique », analyse Christopher Dembik, pour Pictet. « À court terme, seule une bonne nouvelle sur le front de la guerre en Iran pourrait changer la donne », ajoute-t-il.

Pas d’apaisement sur le pétrole

Les prix du pétrole poursuivent leur flambée, provoquée par la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, point stratégique pour l’approvisionnement mondial de l’or noir, en raison de la guerre.

Le West Texas Intermediate (WTI), référence du brut aux Etats-Unis, a franchi à nouveau le seuil des 100 dollars (101,88 le baril, en hausse de 2,25%). Le baril de Brent de la mer du nord s’échangeait lui à 115,57 dollars (+2,67%).

Avant le conflit, ils évoluaient autour des 60 dollars le baril.

La guerre, déclenchée il y a un mois par les frappes des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran, qui a répliqué contre plusieurs pays de la région, ne donne en effet aucun signe d’apaisement.

L’armée israélienne a annoncé lundi avoir frappé pendant deux jours une quarantaine de sites de production d’armes à Téhéran, dont une chaîne de fabrication de missiles sol-air à longue portée.

Donald Trump a lui affirmé que l’armée des Etats-Unis pouvait prendre « très facilement » le contrôle de l’île de Kharg, un site pétrolier essentiel pour l’Iran, lors d’un entretien au Financial Times diffusé dimanche soir.

Cible mi-mars d’une attaque américaine, cette bande de terre située dans le nord du Golfe abrite le plus grand terminal pétrolier de l’Iran qui assure environ 90% de ses exportations de brut, selon une récente note de la banque américaine JP Morgan.

Le cours de l’aluminium montait aussi, au lendemain d’attaques revendiquées par l’Iran contre deux des plus importantes fonderies mondiales pour ce métal dans le Golfe. Vers 11H00 GMT, le cours de la tonne d’aluminium avançait de 4,00% à 3.428,00 dollars.

Les taux obligataires s’installent à des sommets

Les investisseurs restent sceptiques après l’annonce de Donald Trump la veille, selon laquelle les Etats-Unis avaient négocié avec l’Iran le passage imminent de 20 cargos pétroliers dans le détroit d’Ormuz.

Ils prévoient dans tous les cas « un choc énergétique qui ne sera ni rapide ni facilement réversible », selon John Plassard de Cité Gestion Private Bank.

« La situation d’ensemble laisse une large place aux spéculations et aux incertitudes », écrit Andreas Lipkow, chez CMC Markets.

Lire aussi: Guerre au Moyen-Orient : au 31ᵉ jour, l’escalade militaire s’intensifie et les lignes rouges se déplacent

« Ce qui est certain, c’est que la hausse persistante des prix du pétrole continue d’alimenter des anticipations d’inflation dans l’économie mondiale », relève Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Résultat, les taux d’intérêt des dettes souveraines flambent depuis le début de la guerre et s’installent à des sommets lundi.

Le rendement des titres français à dix ans atteignait 3,81%, évoluant à des niveaux pas vus depuis 2009, contre 3,20% environ avant la guerre. Son équivalent allemand, référence en Europe, atteignait 3,08%, à des sommets depuis 2011.

L’inflation réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d’intérêt plus élevés pour que leur investissement reste rentable.

Les investisseurs tablent en outre sur une politique monétaire des banques centrales plus restrictive, avec des hausses potentielles des taux directeurs pour combattre cette inflation, ce qui a un impact direct sur le coût de la dette des Etats.

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