Carburants : la mise au point d’El Houssine El Yamani après les déclarations de Leïla Benali

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Carburants : polémique autour de l’exploitation des capacités de stockage de la Samir
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Les déclarations de la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, sur l’utilisation des capacités de stockage de la Samir suscitent des critiques, pointant une exploitation jugée limitée et ses conséquences sur le marché des carburants.

Les propos de la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable affirmant que son département a « exploité les capacités de stockage de la Samir » font réagir.

Dans une mise au point, El Houssine El Yamani , secrétaire général du syndicat national du pétrole et du gaz affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), conteste cette affirmation.

Une exploitation jugée marginale

Selon lui, seule une partie très limitée des infrastructures de la Samir a été réellement utilisée.

Il précise qu’un seul réservoir d’une capacité de 80.000 m³ a été loué, soit environ 4 % de la capacité totale estimée à 2 millions de m³, et ce, au profit d’un seul opérateur du marché.

Dans ces conditions, il estime difficile de parler d’une exploitation significative des capacités de stockage nationales.

Un manque à gagner stratégique

Le responsable syndical s’interroge sur les conséquences de cette situation, notamment en termes de stockage des produits pétroliers, de raffinage du pétrole, de réduction des coûts d’importation et de stabilisation des prix.

Il souligne que la non-utilisation optimale de ces infrastructures prive l’économie nationale d’un levier important, notamment en matière de devises et de régulation du marché.

Une critique plus large de la politique énergétique

Au-delà de cet aspect, El Houssine El Yamani pointe ce qu’il considère comme un « déséquilibre structurel » du marché des hydrocarbures, lié à l’arrêt de la raffinerie marocaine.

Selon lui, la disparition progressive de la Samir et la perte de ses compétences humaines ont contribué à fragiliser l’organisation du marché, tant au niveau des stocks que des prix.

Un débat relancé sur la souveraineté énergétique

Cette sortie relance le débat sur la gestion des infrastructures énergétiques au Maroc et sur la nécessité de repenser le rôle du raffinage dans la stratégie nationale.

Elle intervient dans un contexte marqué par des tensions persistantes sur les prix des carburants et des interrogations sur le fonctionnement du marché.

47 jours de stock de gasoil

La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a indiqué que le Maroc dispose actuellement de plus de 47 jours de stock de gasoil, de 52 jours de stock d’essence et d’environ 38 jours de stock de gaz butane, en tenant compte des réserves disponibles dans les dépôts et les ports.

Lire aussi: Maroc : nouvelle hausse des carburants, le gasoil grimpe de 1,70 dirham

Dans le même contexte, la ministre a également indiqué que « le ministère a réussi, au cours des trois dernières années, à mobiliser les capacités de stockage de la raffinerie Samir », précisant qu’il s’agit de « l’un des premiers mécanismes mis en place pour permettre aux opérateurs de stocker les produits pétroliers ».

Des niveaux inférieurs au seuil légal

Dans un entretien accordé à Hespress, la ministre a été interrogée sur le non-respect de la disposition légale imposant un stock équivalent à 60 jours de consommation.

Elle a relativisé cet écart, affirmant que « ce qui importe avant tout, c’est la disponibilité du produit sur le marché pour le consommateur marocain ».

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