La Direction régionale de la culture de Marrakech-Safi a concocté un programme culturel riche et…
Zahria 2026: patrimoine, parfum et renaissance au cœur de Marrakech
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La Zahria 2026 à Marrakech célèbre la fleur d’oranger entre patrimoine, innovation et ambition UNESCO.
Depuis le 22 mars jusqu’au 12 avril, Marrakech vibre au rythme de la 14e édition de la Zahria, le Moussem de la fleur d’oranger, organisé par l’Association Al Muniya en partenariat avec les principales institutions nationales et territoriales.
Placée sous le signe du renouveau, cette édition s’inscrit dans un contexte exceptionnel. Après un hiver particulièrement pluvieux dans la région d’Al Haouz, la nature offre ce que les organisateurs décrivent comme un véritable «printemps du miracle». Les bigaradiers, gorgés d’eau et baignés de soleil, se couvrent de fleurs immaculées, diffusant leur parfum enivrant à travers la ville.
Plus qu’un simple phénomène naturel, la fleur d’oranger devient ici un symbole puissant: celui du passage de l’ombre à la lumière, de la continuité entre passé, présent et avenir. Sur un même arbre coexistent fruits anciens, bourgeons naissants et fleurs épanouies — une métaphore vivante de la transmission culturelle.
Une tradition marocaine au rayonnement international
Portée historiquement par les femmes de Marrakech, la Zahria dépasse aujourd’hui le cadre d’un simple moussem. Elle incarne un patrimoine immatériel désormais reconnu à l’échelle internationale, inscrit sur la liste du patrimoine culturel du monde islamique de l’ICESCO.
Cette reconnaissance vient conforter l’ambition de l’Association Al Muniya, accréditée par l’UNESCO depuis 2024, de faire inscrire cette tradition au patrimoine immatériel de l’humanité.
À travers la distillation de la fleur d’oranger, ce sont des savoir-faire, des gestes ancestraux et une mémoire collective qui se perpétuent, tout en s’ouvrant à de nouveaux publics.
Patrimoine et loi: un tournant historique
L’édition 2026 marque également un moment charnière sur le plan institutionnel. Un colloque majeur, organisé le 3 avril, a été consacré à la loi 33-22 sur la protection du patrimoine, promulguée en juin 2025. Ce nouveau cadre juridique introduit une évolution majeure : la gestion du patrimoine devient une responsabilité partagée entre l’État, les collectivités territoriales, la société civile et le secteur privé. Une rupture avec les anciens modèles de coopération ponctuelle.
Dans cette dynamique, un comité d’experts réunissant architectes, historiens et urbanistes sera lancé lors de la «Journée du Riad». Sa mission: préserver l’habitat traditionnel de la médina, pilier du rayonnement touristique et culturel de Marrakech.
Un moussem itinérant, au-delà de la médina
Grande nouveauté de cette édition : la Zahria sort de ses espaces traditionnels pour irriguer toute la région. Des activités sont organisées à l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir, à l’École supérieure de technologie de Kelaâ des Sraghna ou encore dans le Haut Atlas, à Setti Fadma.
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Entre expériences sensorielles, ateliers de distillation et rencontres scientifiques avec des experts comme Khalid Bitar ou Valérie Ogé, le moussem adopte une dimension éducative et territoriale élargie. Même la forêt expérimentale de cèdres sera intégrée au programme, illustrant le lien profond entre patrimoine naturel et culturel.
22 jours d’immersion culturelle
Durant plus de trois semaines, la Zahria propose une programmation dense et itinérante à travers des lieux emblématiques de Marrakech:
- Riad 1112, Dar Cherifa, Médina Heritage
- Les Jardins de la Médina
- Place Jemaa el-Fna
- Musée Farid Belkahia
Au programme :
- cérémonies de distillation
- ateliers artisanaux (tissage, pain traditionnel)
- conférences et rencontres littéraires
- contes et récits patrimoniaux
- concerts de luth et musique spirituelle Samaa
Cette diversité traduit la richesse d’un événement qui conjugue tradition, création artistique et transmission.
Marrakech, capitale du patrimoine vivant
À travers cette 14ème édition, Marrakech confirme son positionnement comme capitale du patrimoine vivant. La Zahria devient ainsi bien plus qu’un festival: un véritable levier de régénération sociale, culturelle et territoriale.
Entre reconnaissance internationale, innovations institutionnelles et ouverture territoriale, le moussem de la fleur d’oranger s’impose comme un modèle de valorisation du patrimoine immatériel. Et dans le sillage parfumé de ses bigaradiers en fleurs, Marrakech trace une ambition claire: inscrire son héritage dans la mémoire universelle de l’humanité.
