Espagne: refus d’extradition d’un Marocain impliqué dans un drame migratoire aux Canaries

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Drame migratoire aux Canaries : la justice espagnole bloque l’extradition d’un Marocain déjà condamné
Khalid EM, le citoyen marocain condamné © EFE

La justice espagnole refuse d’extrader un Marocain impliqué dans un drame migratoire, invoquant des faits déjà jugés en Espagne.

La deuxième section de la chambre criminelle de la Cour nationale espagnole a refusé d’extrader vers le Maroc un ressortissant marocain soupçonné d’implication dans des opérations de migration clandestine ayant entraîné la mort de plusieurs personnes.

La juridiction espagnole a motivé sa décision par le fait que les faits reprochés ont déjà été jugés en Espagne, constituant ainsi un obstacle légal à l’extradition. Ce principe, appelé « non bis in idem », interdit qu’une personne soit poursuivie ou jugée deux fois pour les mêmes faits.

Selon la presse locale, la décision, rendue le 24 février 2026, met un terme à la procédure d’extradition visant cet homme, né en 1977, dont la remise avait été demandée par les autorités marocaines sur la base d’un mandat d’arrêt international émis en juillet 2022 par un juge d’instruction près la cour d’appel de Beni Mellal.

Drame humain

Selon les éléments du dossier, l’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par les proches d’un migrant ayant embarqué à bord d’une embarcation clandestine en direction des îles Canaries. Le concerné est accusé d’avoir organisé la traversée et piloté le bateau, parti des côtes du sud marocain.

Le voyage a viré au drame après l’épuisement du carburant et des provisions, ainsi que la défaillance du système de navigation, laissant l’embarcation dériver en pleine mer.

Lire aussi: Le consulat du Maroc aux Canaries condamné pour atteinte à la dignité d’un salarié

Cette situation a conduit à la mort de plusieurs passagers, dans des conditions particulièrement difficiles, illustrant une nouvelle fois les risques majeurs liés aux traversées clandestines.

Un cadre juridique contraignant

En s’appuyant sur l’accord d’extradition liant l’Espagne et le Maroc, la Cour a conclu qu’aucune base légale ne permettait de donner suite à la demande marocaine.

Cette décision illustre les limites de la coopération judiciaire internationale lorsque les faits ont déjà fait l’objet d’un jugement dans un autre pays.

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