CAN 2025: dans les coulisses d’une finale sous tension, le Maroc fait valoir ses droits

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Maroc–Sénégal : vérité sportive, bataille juridique et révélations explosives
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Il y a des finales qui se jouent sur la pelouse, et d’autres qui se décident dans les coulisses. Celle de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 entre le Maroc et le Sénégal appartient indéniablement aux deux catégories. Derrière le score brut et les émotions du terrain, une guerre d’influence, de récits et de règlements s’est engagée, révélant un visage bien plus complexe du football africain contemporain. Retour sur la finale polémique Maroc–Sénégal de la CAN 2025, entre révélations, tensions et bataille juridique.

À mesure que les révélations s’accumulent — notamment celles du quotidien français Le Monde et des médias espagnoles comme Marca ou Diario AS — une conviction se renforce côté marocain : au-delà du tumulte, le Royaume a respecté les règles, et c’est précisément ce respect qui fonde aujourd’hui sa légitimité.

Une finale qui bascule dans le chaos

Le 18 janvier, à Rabat, tout était en place pour une finale historique. Deux grandes nations du football africain, deux générations dorées, un public acquis à la fête. Mais à la 97e minute, le scénario bascule.

Un penalty accordé au Maroc provoque une onde de choc côté sénégalais. La réaction est immédiate : protestations virulentes, tension sur la pelouse, puis un geste rarissime à ce niveau — l’abandon du terrain par une grande partie de l’équipe du Sénégal. Seul Sadio Mané reste, tentant de convaincre ses coéquipiers de revenir. Mais, lui aussi finit par quitter le terrain pour convaincre ses coéquipiers ainsi que le staff technique de retourner sur le terrain!

Les rapports officiels sont formels: cette interruption n’est pas anodine. Elle constitue une violation claire des règlements de la Confédération africaine de football (CAF) qui encadrent strictement le déroulement des compétitions continentales.

Le Maroc, entre organisation et responsabilité

Contrairement à certaines accusations, les éléments issus des rapports consultés par Le Monde dessinent une autre réalité: celle d’un pays organisateur ayant anticipé la logistique dans les moindres détails.

Hébergement, transport, sécurité: tout avait été planifié en amont. Les ajustements, notamment le changement d’hôtel ou les modalités de déplacement, ont été effectués pour répondre aux demandes spécifiques de la délégation sénégalaise.

Du côté marocain, l’implication de Fouzi Lekjaa est régulièrement citée comme déterminante pour désamorcer les tensions. Une source proche du dossier résume: «S’il y a eu des changements, c’était pour accommoder le Sénégal, un pays frère.»

Un « boycott » prémédité ?

Les révélations des médias espagnols ajoutent une dimension troublante: certains choix de la délégation sénégalaise — notamment le refus de recommandations logistiques ou la médiatisation de certains incidents — pourraient s’inscrire dans une stratégie de communication visant à influencer l’opinion.

Le supposé « boycott » des itinéraires conseillés ou les plaintes répétées sur l’hébergement interrogent, d’autant que ces éléments contrastent avec les conclusions des rapports officiels, qui pointent plutôt des dysfonctionnements partagés et une montée des tensions des deux côtés.

Selon des sources proches de la CAF citées par AS, la délégation sénégalaise aurait délibérément ignoré les recommandations logistiques avant la finale.

S’agissant du transport, la CAF et le Maroc avaient conseillé d’éviter certains itinéraires de transport pour contourner les foules à Rabat. Cependant, la fédération sénégalaise aurait choisi d’ignorer ces conseils, ce que certains interprètent comme une stratégie pour influencer l’opinion publique en se présentant comme victimes d’une mauvaise organisation.

En ce qui concerne l’hébergement, le Sénégal s’est plaint d’être hébergé au Complexe footballistique Mohammed VI (le centre technique marocain), affirmant que cela posait un risque d’espionnage. Or, les faits relativisent les accusations: plusieurs équipes, telles que la sélection camerounaise, y ont séjourné sans incident, saluant même un niveau d’infrastructure rarement égalé sur le continent.

Mais le tournant reste bien l’abandon du terrain. En droit sportif, ce geste est lourd de conséquences. Et c’est précisément sur ce terrain juridique que le Maroc –bien qu’il s’est contenté d’interjeter appel auprès de la CAF avant d’être invité au Tribunal arbitral du sport (TAS) par la Fédé sénégalaise–, a choisi de porter le combat.

La bataille juridique: le Maroc dans son bon droit

Face à cette situation exceptionnelle, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a déposé deux recours auprès de la CAF. L’argument est simple, solide, et conforme aux règlements: une équipe qui quitte le terrain sans autorisation s’expose à une défaite par forfait.

Lire aussi: CAN 2025 : le Maroc déclaré vainqueur du tournoi après défaite sur tapis vert du Sénégal

Le 17 mars, la commission d’appel de la CAF a tranché en faveur du Maroc, prononçant une victoire 3-0. Une décision qui consacre non seulement le respect des règles, mais aussi la rigueur institutionnelle marocaine.

Le Sénégal, de son côté, a saisi le TAS, dénonçant une décision qu’il qualifie de «vol administratif». Une formule choc qui illustre l’intensité du bras de fer, mais qui ne remet pas en cause, à ce stade, la solidité juridique du dossier marocain.

Une CAF fragilisée, un Maroc renforcé

Au cœur de cette affaire, une institution apparaît fragilisée: la CAF. Les rapports évoquent des contradictions internes, des instructions arbitrales contestées – notamment l’ordre de ne pas sanctionner certains joueurs sénégalais pour « préserver le match » – et une gestion globale jugée défaillante.

Dans ce contexte, le Maroc apparaît paradoxalement comme un pôle de stabilité. Organisation maîtrisée, recours structurés, communication mesurée: le Royaume a su transformer une crise en démonstration de sérieux.

Lire aussi: CAN: le Sénégal conteste devant le TAS la victoire attribuée au Maroc (officiel)

Même les incidents périphériques — altercations en tribunes, tensions entre officiels, comportement de certains ramasseurs de balles — sont reconnus sans être niés, dans une posture de responsabilité assumée.

Au-delà du match, une question d’image

Aujourd’hui, la CAN 2025 dépasse le cadre du sport. Elle pose une question essentielle: celle de la gouvernance du football africain et de la crédibilité de ses institutions.

Lire aussi: Litige Maroc–Sénégal : ce que le TAS peut changer dans l’affaire de la CAN 2025

Dans cette séquence, le Maroc ne se contente pas de défendre un trophée. Il défend une vision: celle d’un football structuré, respectueux des règles et capable de rivaliser avec les standards internationaux.

Alors que la décision finale du TAS est attendue, une chose est déjà acquise dans l’opinion de nombreux observateurs: le Maroc a gagné bien plus qu’un match. Il a gagné en crédibilité, en influence et en stature. Et dans le football moderne, cela vaut parfois toutes les coupes.

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