À en croire les chiffres publiés par l’Agence française pour la promotion de l’enseignement supérieur,…
Études en France : les Marocains préoccupés par un projet de hausse des frais
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Le gouvernement français a annoncé un projet pour une application stricte des droits d’inscription majorés pour les étudiants hors Union européenne. Une mesure qui inquiète particulièrement au Maroc, premier pays d’origine des étudiants internationaux en France.
Le projet vise à augmenter drastiquement les frais universitaires pour les étudiants extracommunautaires. « Si c’est plus de 1.000 euros l’année, je ne pourrai pas continuer d’étudier en France », déplore Elif, 25 ans, qui vient de terminer un master en intelligence artificielle. Pour elle, cette décision va « certainement décourager » les candidats à l’exil académique.
Concrètement, la majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne seront appelés à la rentrée à s’acquitter de droits d’inscription fixés à 2.895 euros par an en licence (3e année universitaire), contre 178 euros aujourd’hui, et 3.941 euros en master (4e année), contre 254 euros.
Cette annonce est perçue comme un signal de fermeture. « La France nous fait comprendre que l’on n’est pas les bienvenus », confie Bintou, étudiante à La Sorbonne. Avec un job étudiant à 700 euros par mois, elle juge « impossible » de s’acquitter de telles sommes.
Instaurés en 2019, ces droits différenciés n’étaient appliqués que par une quinzaine d’établissements sur 78. Les universités utilisaient massivement leur droit d’exonération pour soutenir les étudiants étrangers. Résultat : l’an dernier, seuls 10 % des 111 500 étudiants concernés payaient le taux plein. À la rentrée, ce quota d’exonération sera strictement limité à 10 % des effectifs.
Une « double peine » sociale
Pour les étudiants marocains — qui forment avec l’Algérie, la Chine et le Sénégal le contingent le plus important en France — la situation est aggravée par la suppression annoncée des APL (Aides Personnalisées au Logement) pour les non-boursiers.
Mathias Bernard, président de l’université Clermont-Auvergne, dénonce un « changement de règle du jeu » qui va pénaliser les familles dont le revenu annuel correspond parfois au montant même de ces nouveaux droits. Selon les dirigeants universitaires, cette mesure est « contre-productive » et risque d’entraîner un décrochage des candidatures internationales ainsi qu’un affaiblissement du rayonnement académique français.
