En dépit d'une conjoncture régionale difficile, le secteur touristique au Maroc a enregistré de bons…
Conjoncture: le Maroc solide face aux turbulences, porté par l’agriculture et le tourisme (rapport)
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Avec une campagne céréalière exceptionnelle estimée à 90 millions de quintaux et des recettes touristiques en hausse de plus de 22 %, l’économie marocaine affiche en avril 2026 des fondamentaux solides, malgré un environnement international marqué par des ralentissement et des incertitudes. C’est ce qui ressort de la note de conjoncture d’avril 2026 publiée ce lundi par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), relevant du ministère de l’Économie et des Finances.
Au niveau national, le secteur primaire bénéficie pleinement des conditions climatiques. Grâce à une pluviométrie abondante (+54 % par rapport à la moyenne des trente dernières années) et à un taux de remplissage des barrages de 75,7 %, la production céréalière est estimée à 90 millions de quintaux. De plus, l’état du cheptel s’est amélioré, renforçant la dynamique agricole.
En revanche, le secteur secondaire évolue de manière plus contrastée. Certes, le manufacturier reste solide avec un taux d’utilisation des capacités de 77,5 % et une amélioration des exportations dans plusieurs branches. Mais, parallèlement, le secteur extractif recule (phosphate brut: ‑9,9 %), tout comme l’énergie électrique (‑1,7 %) et le BTP (ventes de ciment: ‑10,9 %).
Quant au secteur tertiaire, il poursuit sa consolidation. En effet, le tourisme progresse nettement: +7 % d’arrivées à fin mars, +4 % de nuitées et +22,2 % de recettes voyages. De surcroît, le transport confirme sa vitalité avec +7,9 % de passagers aériens et +8,9 % de trafic portuaire global. Enfin, les télécommunications affichent une performance positive, avec une hausse de 1,5 % du parc mobile et de 3,1 % du parc internet.
Consommation, investissement et finances publiques
Par ailleurs, la consommation des ménages est soutenue par la quasi‑stagnation de l’inflation (‑0,1 % à fin mars contre +2 % un an plus tôt), ainsi que la hausse des crédits à la consommation (+3,9 %) et des transferts des MRE (+4,2 %). L’investissement reste dynamique, stimulé par les grands chantiers et la hausse des dépenses d’équipement du Budget général (+6,3 %). Une tendance confirmé par les importations de biens d’équipement (+14,5 %) et les crédits à l’équipement (+25,6 %).
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Sur le plan des échanges extérieurs, les exportations progressent de 2 %, portées par l’automobile (+10,3 %), l’aéronautique (+16,5 %) et l’électronique (+2,5 %). En parallèle, les importations augmentent de 1,9 %, tirées par les biens d’équipement (+14,5 %), les produits finis de consommation (+9,3 %) et les produits bruts (+32,9 %). Résultat : le déficit commercial s’élargit légèrement (+1,7 %), mais le taux de couverture s’améliore à 59,2 %.
Enfin, les finances publiques affichent une nette amélioration. Contrairement au mois précédent, elles enregistrent un excédent budgétaire de 5,1 milliards de dirhams à fin mars, contre 768 millions de dirhams un an plus tôt. Cette performance s’explique par une hausse des recettes ordinaires (+8,4 %, soit +9 milliards de dirhams), supérieure à celle des dépenses (+4,4 %, soit +4,7 milliards).
En matière de financement, les crédits bancaires accélèrent (+8,3 % à fin février contre +3,9 % un an auparavant), aussi bien pour le secteur financier (+20,8 %) que pour le non‑financier (+5,8 %). Les crédits aux sociétés non financières progressent de 4,1 % et ceux aux ménages de 3,4 %. En revanche, la Bourse de Casablanca poursuit son repli: le MASI recule de 8,9 % et le MASI 20 de 12,4 % au premier trimestre 2026.
Conjoncture: l’exception marocaine
Ces données sont à contre-sens de la situation sur le plan international. Le Fonds monétaire international (FMI) a en effet revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2026, à 3,1 % contre 3,3 % en janvier. Cette correction s’explique par l’intensification des tensions commerciales et géopolitiques, qui pèsent sur la confiance des investisseurs et des consommateurs.
Par ailleurs, la zone euro ne devrait croître que de 1,1 %, avec une reprise timide en Allemagne (0,8 %), une stabilité en France (0,9 %) et en Italie (0,5 %), mais un ralentissement en Espagne (2,1 %). Sur le plan monétaire, l’euro s’est raffermi à 1,18 dollar le 21 avril, tandis que le Brent, à 108 dollars le baril, reste volatil: en baisse de 25 % depuis son pic du 7 avril, mais en hausse de 52 % par rapport à fin février.
En définitive, la note de conjoncture d’avril 2026 met en évidence une économie mondiale fragilisée, mais un Maroc porté par une campagne agricole exceptionnelle, un tourisme en expansion et des finances publiques assainies. Toutefois, la volatilité des marchés et l’élargissement du déficit commercial imposent une vigilance accrue pour consolider les équilibres macroéconomiques et maintenir la trajectoire de croissance.
