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Gouvernance et climat: le Maroc décroche la note maximale de la BAD
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Le dernier rapport d’exécution de la Banque africaine de développement (BAD), publié en mai 2026, salue l’exceptionnelle réussite du programme d’appui à la gouvernance du Maroc. Entre réforme structurelle des entreprises publiques, attractivité record des investissements étrangers et accélération de la transition verte, le Royaume consolide son rôle de locomotive régionale malgré une conjoncture mondiale sous tension.
Le Programme d’appui à la gouvernance économique et à la résilience au changement climatique (PGRCC‑II) a non seulement rempli ses objectifs, mais les a largement surpassés. Financé à hauteur de 186 millions d’euros, intégralement décaissés, le programme est désormais classé « très satisfaisant » par les experts de la BAD. Ces derniers soulignent une dynamique de réformes dont l’ampleur et la rapidité restent rares dans la région.
Autrefois perçu comme un secteur complexe et opaque, le périmètre des établissements et entreprises publics (EEP) opère une mue spectaculaire. Sous l’impulsion de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’Etat (ANGSPE), les transferts des EEP vers le budget de l’État ont bondi à 20,6 milliards de dirhams en 2025, atteignant 165 % de l’objectif initial.
Cette performance découle d’une stratégie de rationalisation rigoureuse : le portefeuille public a été réduit de 272 à 267 entités. La transformation de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et de l’Agence nationale des ports (ANP) en sociétés anonymes (SA) marque notamment une étape décisive dans la modernisation de la gestion publique. Signe d’une confiance accrue dans la maturité des gestionnaires, 38 établissements bénéficient désormais d’un contrôle allégé.
Attractivité: le «Label Maroc» bat des records
Le rapport souligne également le bond spectaculaire des Investissements directs étrangers (IDE), qui ont atteint 56 milliards de dirhams en 2025. Portés par les secteurs de l’automobile et des énergies renouvelables, ces flux dépassent largement la cible initiale de 45 milliards de dirhams.
La nouvelle Charte de l’investissement prouve ici son efficacité: 414 millions de dirhams d’investissements conventionnés ont été enregistrés pour près de 250 projets à fin 2025. Plus significatif encore, l’amélioration de l’indice d’efficience du capital (ICOR) démontre que l’économie marocaine gagne en productivité : chaque dirham investi génère aujourd’hui plus de croissance qu’hier.
Sur le front climatique, le Royaume brûle les étapes. Avec une capacité installée en énergies renouvelables atteignant 45 % en 2025 (5,4 GW), le Maroc a revu ses ambitions à la hausse: l’objectif de 52 % de mix énergétique vert est désormais visé dès 2027, soit trois ans d’avance sur le calendrier initial.
Cette stratégie porte ses fruits sur l’indépendance énergétique nationale, passée de 97 % en 2008 à moins de 87 % en 2024. Cette trajectoire exemplaire est reconnue mondialement: le pays se hisse à la 6ᵉ place du Climate Change Performance Index (CCPI 2026), s’imposant comme un leader incontesté de la transition énergétique.
Une résilience sous surveillance
Si le tableau est brillant, la BAD invite toutefois à la vigilance. La forte exposition à l’économie européenne, qui capte plus de 60 % des exportations, reste une vulnérabilité. De même, la volatilité géopolitique au Moyen‑Orient, observée en mars 2026, pourrait peser sur la facture énergétique.
Toutefois, les fondamentaux restent solides. La pluviométrie exceptionnelle de la campagne 2025‑2026 et la ligne de crédit modulable de 5 milliards de dollars accordée par le FMI offrent au Royaume un rempart robuste contre d’éventuels chocs externes.
