Les jihadistes de Boko Haram en déroute après une offensive régionale

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Boko Haram , Kano, Nigeria, lac Tchad , Niger
Un convoi de l'armée nigérienne arrive dans la ville de Bosso le 17 juin 2016 suite aux attaques des combattants de Boko Haram dans la région. ©AFP

Des jihadistes de Boko Haram ont fui leurs camps sur le lac Tchad après des frappes aériennes et des opérations terrestres menées par le Tchad avec l’appui du Nigeria et du Niger, ont indiqué mardi à l’AFP des témoins et une source du renseignement nigérian.

Depuis vendredi, des avions tchadiens bombardent des positions de Boko Haram sur des îles reculées de cette vaste zone marécageuse partagée entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad, devenu depuis 2009 un bastion jihadiste,  abritant à la fois Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).

Les bombardements ont également tué des dizaines de pêcheurs nigérians travaillant sur des îles contrôlées par Boko Haram, où ils payent une taxe imposée par le groupe jihadiste.

Des vidéos consultées par l’AFP montrent plusieurs pêcheurs grièvement brûlés, soignés dans un hôpital de Bosso, au Niger.

« Boko Haram fuit les îles de la zone de Shuwa, à la frontière entre le Nigeria, le Niger et le Tchad », a déclaré à l’AFP Suleiman Hassan, un pêcheur arrivé lundi à Maiduguri, capitale de l’État de Borno (nord-est), après avoir quitté ce territoire avec d’autres pêcheurs.

« Sous les bombardements, les combattants de Boko Haram quittent leurs camps sur plusieurs îles avec leurs familles à bord de petites pirogues », a-t-il ajouté, citant notamment les îles de Dogon Chukwu, Kangarwa, Gashakar, Yawan Mango et Kwatar Mota.

Lire aussi. Le Niger annonce avoir tué le chef de Boko Haram, le groupe jihadiste dément

Selon les sources, des soldats tchadiens ont affronté des combattants jihadistes sur l’île de Kaukeri, principal bastion du groupe dans le lac.

Ces opérations sont perçues comme une riposte aux récentes attaques meurtrières de Boko Haram contre l’armée tchadienne.

La semaine dernière, le Tchad a décrété trois jours de deuil national après une embuscade ayant coûté la vie à deux généraux.

Deux jours auparavant, une attaque contre une base militaire sur les rives du lac avait fait au moins 24 morts parmi les soldats tchadiens.

Une source du renseignement nigérian a indiqué à l’AFP que le Nigeria et le Niger participent également aux opérations.

« Les frappes aériennes sont coordonnées par le Tchad, le Nigeria et le Niger, chacun fournissant deux avions de chasse », a affirmé cette source qui souhaitent garder l’anonymat.

Selon elle, les jihadistes et leurs familles sont désormais bloqués sur les rives du lac, craignant d’avancer vers des zones contrôlées par l’ISWAP, rival de Boko Haram depuis leur scission en 2016.

L’insurrection jihadiste a fait plusieurs milliers de morts et déplacé des millions de personnes rien que dans le nord-est du Nigeria.

Les violences se sont étendues au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins, poussant ces pays a réactiver leur « force multinationale mixte » créée en 1994.

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