Lâchés par Maersk, les ports espagnols s’unissent contre « l’ennemi commun » Tanger Med

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(Photo Ritzau Scanpix/Mikkel Berg Pedersen via REUTERS)

Le contournement du port d’Algésiras par la compagnie danoise Maersk, pour relier l’Inde aux Etats-Unis, a semé la panique dans les ports andalous. Ces derniers y voient une menace qui pourrait avoir un effet boule de neige sur leurs activités.

Il y a une semaine, Maersk, l’une des principales compagnies de transport maritime au monde, a décidé de contourner le port d’Algésiras au profil de celui de Tanger Med afin de relier l’Inde à la côte atlantique des États-Unis. Une nouvelle route maritime qui, selon le groupe danois, devrait «améliorer les échanges de produits entre l’Inde et l’Amérique du nord». En plus du Maroc, elle passera par les Émirats arabes unis et le Sultanat d’Oman, mais ne traversera aucun port européen.

Cette décision a eu l’effet d’une bombe en Espagne, surtout en Andalousie. La nouvelle a carrément monopolisé la deuxième édition du forum «L’économie andalouse depuis ses ports». Le président de l’Autorité portuaire de la baie d’Algésiras (Cadix), Gerardo Landaluce, y a appelé à l’implication de l’administration centrale et régionale pour donner une «impulsion définitive» aux projets qui modernisent les ports et améliorent leur connectivité ferroviaire et routière, rapporte le journal El Debate.

«Nous avons une Ferrari côté mer, mais, en revanche, côté terre, nous avons une 600, pour ne pas dire une Simca 1000», a comparé Landaluce, qui espère une alliance «de tout le réseau» afin de concurrencer le port de Tanger Med. Au lieu d’agir individuellement, les sept ports andalous veulent désormais élaborer des plans d’action coordonnés, craignant que la décision de Maersk ne provoque un effet domino avec d’autres compagnies maritimes.

Lire aussi. Le chiffre d’affaires de Tanger Med dépasse les 3 milliards DH à fin septembre 2024

« Nous ne sommes pas en compétition les uns avec les autres, nous collaborons entre nous, car nos concurrents se trouvent au nord du Maroc», a souligné la présidente du Port de Cadix, Teófila Martínez.

Rosario Soto, présidente de l’Autorité portuaire d’Almería, hôte de l’événement, a pour sa part souligné le défi de transformer le port d’Almería dans les trois prochaines années grâce à un investissement de 100 millions d’euros pour renforcer le trafic de marchandises et de passagers.

Il s’agit en gros de pouvoir concurrencer le port marocain qui ne cesse de monter en puissance. En quelques années seulement, Tanger Med a réussi à se positionner comme le premier port de la Méditerranée et le troisième du monde, grâce à des infrastructures de classe mondiale et à une situation géographique privilégiée.

La concurrence avec le port du Nord devient de plus en plus difficile pour les ports espagnols en raison du plan de décarbonatation de l’Europe qui prévoit de surtaxer les navires pollueurs. Des navires qui pourraient alors fuir vers le Maroc, comme vient de le faire la compagnie Maersk. La presse spécialisée estime en effet qu’en optant pour l’escale de Tanger Med, Maersk essaie d’éviter les coûts engendrés par le nouveau système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (EU ETS).

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