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Al Akhawayn School of Ifrane: 16 élèves expulsés après un conflit avec les parents
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Les parents de 16 élèves scolarisés à l’Al Akhawayn School of Ifrane ont été surpris par des décisions administratives empêchant leurs enfants de poursuivre leur scolarité dans cet établissement relevant de l’Université Al Akhawayn pour l’année 2025-2026.
Les décisions d’expulsion font suite à plusieurs contestations des familles des élèves, la dernière en date portant sur leur opposition à une hausse brutale des frais de scolarité, allant jusqu’à 200%. Ces parents ont engagé des recours judiciaires contre la direction de l’établissement, après avoir sollicité, sans succès, l’intervention des instances compétentes.
Les parents des élèves expulsés, dont la plupart sont membres de l’association des parents d’élèves de l’école, ont exprimé cette semaine leur colère face à la gestion de l’établissement. Selon eux, la nomination, il y a deux ans, d’un directeur d’origine franco-américaine par la direction de l’Université aurait marqué le début d’une véritable «guerre psychologique».
Certains parents affirment que l’expulsion de leurs enfants est liée à leur adhésion à l’association des parents d’élèves, tandis que d’autres parents, n’appartenant pas à l’association, estiment que leurs enfants ont été expulsés à la suite de simples incidents avec le directeur.
Tous dénoncent dans ce cadre des dysfonctionnements du système éducatif, des comportements jugés inappropriés dans un cadre scolaire et une dégradation du niveau de l’enseignement. Malgré de nombreuses correspondances adressées à la présidence de l’Université Al Akhawayn, ils déclarent n’avoir obtenu aucune réponse.
Une manifestation «légitime», selon les parents, avait été organisée auparavant pour réclamer le recrutement d’enseignants qualifiés et l’amélioration de la qualité de l’enseignement, jugée en décalage avec les frais de scolarité élevés. Or, peu après cette mobilisation, 16 élèves ont été expulsés par la direction.
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Les parents s’indignent, par ailleurs, du fait que certains cours soient assurés par des enseignants issus de l’armée américaine. Ils dénoncent également le fait que certains enseignants recourent à ChatGPT pour préparer leurs cours, ce qui, selon eux, remet en question la valeur ajoutée d’un enseignement facturé à des tarifs aussi élevés. «Nous avons accepté de payer des frais de scolarité importants dans l’espoir d’offrir un enseignement de qualité à nos enfants», a déclaré une mère.
Les familles directement concernées soulignent par ailleurs l’absence totale d’alternatives, ce qui aggrave leur situation. Le profil anglophone des élèves empêche leur intégration dans les écoles de la mission française ou dans la majorité des établissements marocains. Les seules options envisageables sont des écoles américaines, mais au prix d’un redoublement de deux années scolaires.
D’autres familles insistent sur le fait que certains élèves concernés sont en dernière année du baccalauréat, et risquent donc de se retrouver en situation de décrochage scolaire.
Les parents pointent enfin la responsabilité de la présidence de l’Université Al Akhawayn, qu’ils accusent d’avoir fermé la porte au dialogue instructif et d’avoir imposé une orientation pédagogique axée quasi exclusivement sur une culture occidentale, au détriment des sciences exactes et des fondamentaux scolaires.
Face aux tensions, les familles ont saisi la justice pour obtenir une décision permettant à leurs enfants de réintégrer les classes dans l’attente du jugement final. Mais toutes les plaintes déposées ont été rejetées jusqu’à présent. Aujourd’hui, elles appellent à une intervention urgente des autorités compétentes, et demandent que l’école soit placée sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale, afin de garantir une régulation et un suivi conformes aux intérêts des élèves et de leurs familles.
Contactée par H24Info au sujet de cette affaire, la communication de l’Université Al Akhawayn n’a pas encore réagi au moment de la rédaction de ces lignes.
