Un activiste marocain a été condamné lundi en première instance à trois mois de prison…
Séisme d’Al Haouz: peine alourdie en appel pour le président de la coalition des sinistrés, Saïd Ait Mehdi
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La cour d’appel de Marrakech a alourdi, ce mardi 4 mars, la peine de l’activiste Saïd Ait Mehdi, coordinateur de la Coalition des victimes du séisme d’Al Haouz, à une année de prison ferme, alors qu’il avait été condamné à trois mois de prison ferme en première instance.
La cour d’appel a également annulé le jugement initial rendu par le tribunal de première instance, qui avait acquitté trois accusés poursuivis en état de liberté, les condamnant à quatre mois de prison ferme chacun, selon l’avocat des militants Me Mohamed Ghalloussi.
En première instance, Said Aït Mehdi avait été condamné à trois mois de prison ferme pour «agression physique et verbale d’un agent de l’autorité lors de l’exécution de ses missions dans le cadre du recensement des populations», «attaque contre le bureau du vice-président de la commune de Talat N’Yaaqoub», «diffamation et injures à l’encontre du gouverneur de la province d’Al Haouz» et «incitation à des manifestations et rassemblements non autorisés».
Quant aux trois autres militants accusés, ils ont été poursuivis pour «offense à des fonctionnaires publics», suite à des plaintes déposées par des responsables locaux en réaction à des publications sur les réseaux sociaux qu’ils ont jugées offensantes.
La Coalition civile pour la montagne (CCM) souligne que «le seul « crime » de l’activiste, surnommé «Saïd Am-Marrakchi», est d’avoir participé sans tarder aux manifestations pacifiques devant la préfecture de la province d’Al Haouz à Tahanaout et devant le Parlement».
« Une indemnisation équitable »
La coalition a considéré dans un communiqué qu’Aït Mehdi «ne demandait que ce qu’il considérait être un droit légitime pour les victimes: une indemnisation équitable, ainsi que la justice sociale et spatiale, qui ont fait défaut après la catastrophe». Lors de sa participation à la conférence en ligne organisée par la Coalition, la veille de son arrestation, il avait annoncé qu’il serait convoqué lundi 23 décembre devant les autorités suite à une «plainte mystérieuse», avant d’être arrêté avant même de répondre à cette convocation.
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La CCM a exprimé sa solidarité avec Aït Mehdi, réaffirmant que la solution réside dans l’écoute et dans l’adoption du dialogue avec les populations des zones montagneuses sinistrées, et non dans le fait de les museler. Elle a appelé ainsi les responsables à faire preuve de sagesse, car la situation actuelle nécessite du courage pour corriger les dysfonctionnements qui entravent le processus de reconstruction et garantir la justice pour les victimes, en plus de demander la libération immédiate d’Aït Mehdi.
Une minorité a reçu 140.000 dirhams
Dans une déclaration à la presse, le coordinateur national de la CCM, Mohammed Dich, qui suit le dossier du séisme depuis 15 mois, a affirmé que «l’escalade dans ce dossier à de tels niveaux ne fait qu’aggraver la situation, car il s’agit principalement d’un des militants qui tentait de faire entendre la voix des habitants touchés par le séisme du 8 septembre 2023 auprès des autorités et de veiller à ce que tout le monde en bénéficie».
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Il a ajouté qu’il est préférable «de privilégier le dialogue et l’écoute des victimes de la catastrophe naturelle dans plusieurs zones où la souffrance est encore évidente et ne peut être niée», précisant que «le rythme des travaux reste lent, et les victimes vivent aujourd’hui un hiver particulièrement rigoureux».
Le coordinateur national a enfin lancé une bombe en soulignant: «Nous constatons également qu’une minorité des victimes a bénéficié des 140.000 dirhams mentionnés dans le communiqué royal du 14 septembre 2023. La majorité a reçu 80.000 dirhams, tandis que d’autres n’ont rien reçu.»
