Gaza sous les bombes: familles décimées après une nouvelle frappe sur le camp d’al-Chati

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"Que veut Netanyahu, que veut le Hamas?": à Gaza, pleurs et colère après une frappe meurtrière
Des enfants regardent les débris encore fumants de l'école Mustafa Hafez, à Gaza-ville, le 3 juillet 2025 / Photo d'illustration © Omar AL-QATTA/AFP

Autour des corps drapés de linceuls ensanglantés, des femmes en abayas noires hurlent leur douleur, les bras tendus vers le ciel, pleurant leurs proches tués dans une frappe sur le camp de réfugiés d’al-Chati à Gaza-ville.

L’une d’elles serre contre sa poitrine le petit corps de son enfant, enveloppé d’un drap blanc dont seule la tête émerge.

Selon Salwa Sobhi Bakr, cinq membres de sa famille ont été tués pendant la nuit lors d’une frappe sur ce camp de Gaza-ville où Israël a lancé le 16 septembre une importante offensive, afin d’y éliminer ce qu’elle présente comme le dernier grand bastion du mouvement islamiste Hamas, dont l’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël a déclenché la guerre.

La Défense civile de la bande de Gaza, une organisation de premiers secours opérant sous l’autorité du Hamas, indique pour sa part que 7 personnes ont été tuées « dans une frappe israélienne » sur le camp d’al-Chati, faisant état d’un bilan de 82 personnes tuées samedi à travers le territoire palestinien, dont 38 à Gaza-ville.

L’hôpital al-Chifa à Gaza a confirmé avoir reçu six corps de victimes tuées lors de l’attaque contre al-Chati. L’armée israélienne n’a pas réagi dans l’immédiat.

Les corps ont été emmenés pour être enterrés, les adultes sur des brancards, les enfants portés dans les bras de leurs proches, au milieu de rues dévastées.

« Les enfants dormaient quand soudain un missile est tombé sur nous », raconte Salwa Sobhi Bakr.

« Cinq personnes de la famille Bakr ont été tuées, toute la famille. Que veut le monde de nous? Que veut (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu? Que veut le Hamas? », lance-t-elle.

Lire aussi: Netanyahu fustige la reconnaissance de la Palestine, promet de « finir le travail » à Gaza

« Ce qui se passe, ce sont des massacres, des massacres interdits par les lois internationales », se lamente Oum Khalil, rescapée de l’attaque contre la maison familiale.

Salwa Sobhi Bakr dit ne pas savoir où trouver refuge, après presque deux ans de guerre.

« On nous dit d’aller là-bas, puis de revenir ici. Où trouver l’argent pour payer les camions? Les gens sont dans les rues, éparpillés partout dans le sud. Où devons-nous aller? Trouvez-nous une solution », implore-t-elle.

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