Ryad Mezzour: « l’industrie marocaine vise la prime de marque au détriment de la sous-traitance »

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Ryad Mezzour Industrie
Le ministre de l'Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour. © DR

Participant au panel de haut niveau qui a marqué la seconde et dernière journée des Industry meeting days, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, a exposé les défis majeurs de l’industrie marocaine, tablé sur les conditions pour affiner sa montée en gamme, ainsi que sur les dynamiques nouvelles vers lesquelles elle s’oriente.

C’est au pas de course que le ministre de l’Industrie et du commerce a marqué de  sa participation les Industry meeting days, événement phare du tissu industriel marocain, réunissant acteurs, décideurs, investisseurs et experts en un même lieu. Signant sa huitième édition, ce rendez-vous s’est déroulé pour la deuxième année consécutive à Casablanca.

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Après une brève coupure de ruban, et un discours liminaire, Ryad Mezzour a pris place, aux côtés d’autres grands acteurs, dans le panel où il fu soumis à une rafale de questions d’un trait. Stoïque, comme à son accoutumée, le ministre, a commencé par décortiquer la question des défis inhérents à l’expansion du tissu industriel marocain.

Selon le ministre, le premier défi reste la capacité du Maroc à transformer ses talents en opportunités concrètes. «Le vrai défi, c’est de pouvoir répondre en quantité et en qualité aussi bien aux talents qu’aux aspirations», a‑t‑il affirmé. Les chiffres du chômage montrent que plus le niveau d’éducation est élevé, moins les chances d’emploi sont garanties. Une contradiction qui souligne l’urgence de créer davantage de richesses et de les partager à l’échelle du territoire.

Pour Mezzour, l’objectif est clair , et consiste à offrir aux jeunes diplômés des opportunités économiques à la hauteur de leurs aspirations, tout en renforçant  l’équité territoriale. Il a aussi affirmé nque  l’industrie doit être capable de générer une valeur plus partagée, afin que chaque Marocain, où qu’il se trouve, puisse bénéficier des retombées de la croissance.

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Innovation, paris technologiques et diversification

Au‑delà de la formation, Mezzour a insisté sur les nouveaux paris industriels. «Nous faisons de gros paris sur des choses que même des puissances mondiales n’arrivent pas à faire», a‑t‑il déclaré, citant le cluster des machines‑outils, la chaîne de valeur des batteries et l’hydrogène vert. Ces choix stratégiques traduisent une volonté de positionner le Maroc sur des segments de haute technologie.

Le ministre a également évoqué la nécessité de réorienter le soutien à l’investissement vers l’innovation, à l’image de la Chine qui a privilégié la recherche et le développement plutôt que l’emploi. Pour lui, l’avenir industriel du Royaume dépend de cette capacité à anticiper les mutations technologiques et à transformer les risques en opportunités. Dans un monde marqué par le protectionnisme et la fragmentation des échanges, l’agilité et l’innovation deviennent des conditions essentielles pour maintenir la compétitivité.

Lire aussi. Ryad Mezzour: «L’IA donne aux TPME la force des grandes entreprises»

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Enfin, Mezzour a souligné l’urgence de diversifier les débouchés commerciaux. «Nous exportons 70% vers l’Europe, nous devons peut‑être plus exporter vers l’Afrique, vers l’Amérique ou le Moyen‑Orient», a‑t‑il rappelé. Cette reconfiguration des marchés s’inscrit dans un contexte mondial où les chaînes de valeur se redessinent. Le ministre a insisté sur la nécessité de passer d’une industrie de sous‑traitance à une industrie de co‑traitance, puis de traitance, afin de capter la «prime d’innovation» et la «prime de marque».

Une passion industrielle à transmettre

A l’en croire, la souveraineté industrielle signifie devenir donneur d’ordre, concevoir des produits à forte valeur ajoutée et répondre aux besoins stratégiques du pays, qu’il s’agisse de défense, de santé ou d’énergie. «Il faut qu’on passe très rapidement, de plus en plus rapidement, parce que nos jeunes aspirent à ces jobs qui sont de plus en plus de valeur ajoutée», a‑t‑il insisté.

Au‑delà des chiffres et des stratégies, Mezzour a rappelé que l’industrie est avant tout une passion. «L’industrie, c’est la volonté de créer quelque chose, de transformer quelque chose», a‑t‑il affirmé. Pour lui, les trajectoires industrielles réussies reposent sur la passion, mais aussi sur la technicité, l’innovation et l’intégration dans les chaînes de valeur.

Les outils d’accompagnement existent : accès au foncier, financement, ressources humaines et marchés. Mais ils ne remplacent pas l’ambition et la mobilisation des entrepreneurs. Le ministre a encouragé les jeunes industriels à s’engager dans ce secteur compétitif, citant que «si vous le faites ici, vous pouvez le faire n’importe où ».

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En plaçant l’innovation et la souveraineté au cœur de sa stratégie, le Maroc trace les contours d’une nouvelle ère industrielle où former les talents, investir dans les technologies de rupture et diversifier les marchés constitueront des leviers de transformation et de positionnement du Maroc en acteur incontournable des chaînes de valeur mondiales.

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