Ryad Mezzour: «L’IA donne aux TPME la force des grandes entreprises»

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Ryad Mezzour au 3e Visa Fintech Day
Intervention du ministre de 'lIndustrie et du Commerce, Ryad Mezzour, à la 3e édition du Visa Fintech Day, le 2 juin 2026 à Rabat. ©DR

Lors de la 3e édition du Visa Fintech Day, qui s’est tenue ce mardi à Rabat, Sami Romdhane, directeur pays de Visa, et Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, ont animé une conversation de haut niveau autour de l’axe de réflexion «Entreprise, commerce et IA, les nouveaux leviers de compétitivité du Maroc».

Dans le cadre flambant neuf de la Tour Mohammed VI de Rabat-Salé, qui accueillait ce mardi la 3e édition du Visa Fintech Day, son tout premier événement, Sami Romdhane, directeur pays de Visa, a passé en revue, avec le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, certaines préoccupations liées aux paiements digitaux.

Plusieurs sujets ont été abordés, parmi lesquels l’opportunité que l’intelligence artificielle (IA) représente pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), les nouveaux leviers de compétitivité à l’ère de l’accélération numérique, tant pour les commerçants que pour les entreprises, et enfin, la question de la digitalisation des paiements.

L’intelligence artificielle comme facteur d’équité

«L’Intelligence artificielle donne aux petites entreprises la force des grandes», a affirmé Ryad Mezzour en évoquant les opportunités que cette technologie apporte. Pour lui, grâce à l’IA, des outils qui étaient hier la chasse gardée des grandes entreprises sont désormais accessibles à tous.

«Le Lean management, qui était la panacée des grandes compagnies aériennes qui essayaient d’ajuster l’active pricing en fonction des réservations, aujourd’hui, un épicier normal peut le faire. Et ça, c’est exceptionnel», a illustré le ministre. Ainsi, l’IA vient combler le fossé entre les grandes structures, les PME et les TPME en termes d’accès aux ressources, qu’elles soient humaines et qualifiées, ou technologiques (plateformes, etc.).

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Abordant les nouveaux leviers de compétitivité qui se dessinent dans cette dynamique, Ryad Mezzour a souligné que cette donne numérique induit aussi bien de bonnes perspectives que des risques. Évoquant les points de vigilance, il en a cité deux. «Le premier risque qui inquiète, c’est qu’on va être complètement submergés en tant qu’humanité. Tout va être fait par des machines, et ça, c’est un risque universel», a averti le ministre.

Quant au second «gros risque», c’est la non-captation de cette capacité de création de richesse et de valeur par ceux qui ne maîtriseront pas l’IA et les outils numériques. «Pour un pays comme le nôtre, en maîtrisant quelques outils, avec des abonnements très accessibles pour tous, on peut avoir accès à toutes les technologies et en développer de nouvelles de manière continue», a nuancé le ministre.

Ryad Mezzour et Amal Seghrouchni au Visa Fintech Day
Les ministres Ryad Mezzour de l’Industrie et du Commerce (2e ) partir de la gauche) et Amal El Fallah Seghrouchni de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration (centre), lors de l’ouverture de la 3e édition du Visa Fintech Day, le 2 juin 2026 à Rabat. ©DR

Choix économiques et agilité marocaine

Quant aux perspectives positives sur les transformations économiques, Mezzour a insisté sur les choix sociétaux qu’elles imposent: «Est-ce qu’on privilégie la création de valeur, ou est-ce qu’on privilégie la création d’emplois, quitte à redistribuer cette création de valeur?». Pour le ministre, cette situation soulève une autre question, celle de l’intérêt qui pourrait être accordé aux métiers basiques. «En même temps, on a l’opportunité de faire une transformation technologique pour créer plus de richesses et leur offrir de nouvelles opportunités», a-t-il ajouté pour contraster avec le tableau plus sombre des risques.

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Le ministre a par ailleurs mis au crédit du Maroc sa capacité avérée d’adaptation et de transformation. «On peut faire cette transformation et la capter beaucoup plus vite que beaucoup d’autres pays qui sont installés dans le confort ou dans des guerres technologiques. Nous pouvons gagner des parts de marché grâce aux produits innovants que l’on peut y lancer. C’est donc plein d’espoir, même si cela pose des questions pour l’humanité», a-t-il résumé.

Paiements digitaux: le plaidoyer pour la gratuité

Sur le sujet de la digitalisation des moyens de paiement des TPME, notamment des commerçants, Ryad Mezzour a mis en avant les initiatives de démonétisation des transactions développées par de jeunes et brillants ingénieurs marocains qui continuent d’intégrer ces nouvelles technologies et de transformer le secteur.

Cependant, au regard des faibles marges bénéficiaires de la cible et des coûts élevés des frais de gestion imputés par les établissements financiers, le ministre du Commerce appelle à une réduction drastique, voire à l’annulation pure et simple, des frais inhérents aux opérations de paiement digital.

Une position qu’il défend en ces termes: «Quand j’ai un commerçant qui fait 2 à 3% de marge sur certains produits, je ne peux pas lui prendre 1,5% pour la transaction électronique. Ça ne fonctionne pas. Donc il faut aller de plus en plus vers la gratuité pour pouvoir intégrer tout le monde.» Il a notamment donné l’exemple de l’Europe, où les commissions d’interbancarité sont plafonnées entre 0,2 et 0,3%.

Plusieurs autres points ont été abordés lors de cet échange entre Sami Romdhane et Ryad Mezzour, notamment la sécurité, la protection des données et la souveraineté. Une chose est sûre, la discussion aura contribué à donner une teinte particulière à cette 3e édition du Visa Fintech Day, qui s’impose un peu plus comme le rendez-vous par excellence de l’écosystème fintech au Maroc.

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