Startup : le Maroc peine à capter le boom régional de 1,7 milliard de dollars

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L'écosystème des startups de la zone MENA a recolté un peu moins de 2 MM$ au S1 2026 ©

Quatrième de la zone MENA pour les levées de fonds de son écosystème start-up, le Maroc affiche une performance en trompe-l’œil qui interroge sur son attractivité réelle.

Alors que plusieurs pays de la région accélèrent leur montée en puissance dans l’économie de l’innovation, le Maroc peine encore à s’imposer comme une destination majeure du capital-risque. Les données du premier semestre 2026 publiées par Wamda montrent que les financements continuent de se concentrer autour des écosystèmes les plus matures, laissant le Royaume en marge des principaux flux d’investissement.

Au total, les écosystèmes de startups de la région MENA ont levé 1,7 milliard de dollars (MM$) à travers 242 opérations entre janvier et juin 2026. Si ce montant recule de 18 % par rapport au premier semestre 2025, les analystes y voient davantage une phase de normalisation qu’un véritable ralentissement. Les investisseurs demeurent actifs, mais privilégient désormais des entreprises plus solides, des secteurs éprouvés et des marchés offrant davantage de visibilité.

Sans surprise, les Émirats arabes unis confortent leur statut de locomotive régionale. Les jeunes pousses émiraties ont capté 1,2 MM$ soit près de 70 % de l’ensemble des capitaux investis dans la région, répartis sur 83 opérations. Cette performance représente une progression spectaculaire de 125 % sur un an et confirme la maturité de l’écosystème émirati, notamment pour les levées de fonds de grande envergure.

Maroc: derrière le trio, une 4e place peu glorieuse

L’Arabie saoudite conserve la deuxième place avec 259 millions de dollars (M$) levés à travers 80 transactions. Toutefois, le Royaume enregistre un net ralentissement (-81 % sur un an), conséquence d’une base de comparaison exceptionnellement élevée après une année 2025 record. Malgré ce repli, le marché saoudien demeure l’un des plus dynamiques de la région grâce à un important vivier d’entrepreneurs, un cadre réglementaire de plus en plus favorable et une forte implication des investisseurs institutionnels.

Lire aussi. Startups MENA: avec une levée de 5 M$ en juin, la proptech repositionne le Maroc

L’Égypte complète le podium avec 158,9 M$ répartis sur 29 opérations, dans un contexte économique national toujours contraint. Le pays continue néanmoins de faire émerger des opérations de financement de taille significative, témoignant d’un écosystème qui conserve un certain potentiel de rebond.

Dans ce classement, la quatrième place du Maroc n’a pourtant rien de glorieux, la valeur financière des opérations restant particulièrement modeste. Le Royaume n’a en effet capté que 29,8 millions de dollars, soit moins de 2 % des montants globaux levés dans la région. Du côté des transactions, le constat est similaire : le pays n’enregistre que 8 deals sur un total de 242, un score particulièrement éloquent.

La fintech domine toujours, les investisseurs deviennent plus sélectifs

Sur le plan sectoriel, la fintech confirme son statut de moteur de l’innovation régionale. Les entreprises du secteur ont levé 708 M$ au premier semestre, répartis sur 51 tours de table, loin devant la logistique (315 M$) et la proptech (241 M$).

Les investisseurs privilégient également les entreprises en phase de démarrage. Les start-up en early stage ont concentré l’essentiel des opérations avec 172 levées de fonds, même si les montants les plus importants restent captés par un nombre limité d’entreprises plus matures.

Autre tendance notable, le financement par dette poursuit son recul. Il ne représente plus que 29 % des capitaux levés, contre 44 % un an auparavant, signe d’un retour progressif des investissements en fonds propres.

Les modèles B2B demeurent les plus recherchés par les investisseurs avec 763,5 M$, juste devant les start-up orientées B2C, qui ont attiré 748 M$.

startup féminine: un gap criard

En revanche, la question de la diversité continue de poser problème. Les entreprises fondées exclusivement par des femmes n’ont capté que 2,5 M$, soit 0,14 % des financements mobilisés durant le semestre, illustrant un déséquilibre toujours très marqué dans l’accès au capital-risque.

Malgré le recul des montants investis et un contexte régional marqué par les incertitudes géopolitiques, l’écosystème MENA démontre une réelle capacité de résilience.

Toutefois, les données sur le Maroc interrogent. Au-delà des ambitions affichées en matière d’innovation, cette contreperformance pose la question de l’efficacité des politiques publiques en faveur des start-up et, plus largement, des retombées concrètes de la stratégie Maroc Digital. Un défi de taille pour un Royaume qui aspire à s’imposer comme un hub technologique régional.

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