Amal El Fellah Seghrouchni: «L’innovation ne connaît pas de frontières géographiques»

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Rally IA Amal Seghrouchni
La ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme administrative, Amal El Fellah Seghrouchni © DR

En lançant cette semaine la première édition du Rally IA Future Lab, la ministre de la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni, a affirmé la volonté du Royaume de territorialiser l’innovation et de placer la jeunesse au cœur de la souveraineté numérique.

À Merzouga, le Maroc a donné le coup d’envoi d’une initiative nationale inédite dédiée à l’intelligence artificielle. Mille jeunes participent déjà à cette première édition du Rally IA Future Lab, appelé à devenir une plateforme permanente de prospective et de création technologique.

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La cérémonie d’ouverture, présidée par Amal El Fallah Seghrouchni, a réuni plusieurs responsables nationaux, dont Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, Ahro Abrou, président de la région Drâa‑Tafilalet, et Saïd Jabrani, directeur général de Tamwilcom.

Dès ses premiers mots, la ministre a donné le cap: «L’innovation ne connaît pas de frontières géographiques.» En choisissant Merzouga, elle a voulu rappeler que la créativité, la compétence et l’intelligence peuvent émerger de toutes les régions du Royaume, pour peu qu’on leur offre les conditions nécessaires.

Ce lancement s’inscrit dans la continuité des Assises nationales de l’intelligence artificielle et de la dynamique AI Made in Morocco. Pour Seghrouchni, le Rally IA Future Lab constitue une étape structurante dans la construction d’un écosystème national intégré, capable de transformer la connaissance en valeur économique et sociale.

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Elle a en effet rappelé que les avancées réalisées ces dernières années dans la transformation numérique du Maroc sont le fruit de la vision du roi Mohammed VI, qui a fait du capital humain et de l’innovation des leviers essentiels du développement. Dans cette perspective, plusieurs chantiers stratégiques ont été présentés, notamment le réseau des Instituts Al Jazari, dont l’Institut « Noyau » chargé de coordonner les efforts nationaux en matière de recherche et d’innovation.

La ministre a également évoqué la plateforme Morocco Digital for Sustainable Development, destinée à porter des solutions numériques à l’échelle africaine et arabe, ainsi qu’un projet de loi sur l’administration numérique intégrant les enjeux de cybersécurité, de protection des données et d’intelligence artificielle. Elle a souligné que le Maroc a gagné quatorze places dans l’indice international de préparation gouvernementale à l’IA en 2025, signe d’un écosystème en consolidation.

Karim Zidane a, quant à lui, rappelé que l’intelligence artificielle constitue désormais l’un des moteurs majeurs de la croissance mondiale, tandis qu’Ahro Abrou a insisté sur la nécessité d’offrir aux jeunes des espaces favorisant la créativité. Pour sa part, Saïd Jabrani a mis en avant le rôle du financement dans l’accompagnement des startups et des projets innovants.

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Seghrouchni mobilise un millier de  jeunes pour les solutions numériques 

Dès le lendemain de l’ouverture, les travaux du Rally IA Future Lab ont pris une dimension concrète. Mille jeunes, venus de toutes les régions du Royaume, ont investi les dix salles du programme pour participer à des ateliers intensifs, des sessions de formation et des activités de mentorat encadrées par des experts nationaux et internationaux. Cette première phase, qui se déroule du 16 au 20 juin, n’est qu’un début: l’initiative ambitionne d’atteindre cinq mille participants dans les prochaines éditions.

La journée a été marquée par une keynote de Dr Btissam El Khamlichi, directrice de l’AI Movement, consacrée aux techniques avancées de l’intelligence artificielle. Elle a rappelé que l’IA est devenue « un moteur essentiel de l’innovation et du développement », insistant sur la nécessité d’investir dans les compétences humaines, la recherche scientifique et les infrastructures numériques pour garantir une exploitation responsable de cette révolution technologique.

Un panel de haut niveau, intitulé « 70 ans après : redéfinir l’IA depuis le Maroc », a permis d’aborder les dimensions éthiques, techniques et sécuritaires de l’intelligence artificielle. Faiza Berkchi, experte à la CNDP, a souligné que le succès de l’IA dépend de sa capacité à « gagner la confiance des citoyens ». Youssef Mrabet, CTO de Nokia North Africa, a rappelé que la cybersécurité constitue aujourd’hui l’un des principaux défis de la transformation numérique. Doha Habib Allah, chercheuse à l’Université Euromed de Fès, a mis en lumière les difficultés du passage des modèles théoriques aux applications réelles, notamment en matière de qualité des données et de fiabilité des résultats.

Mohammed El Hallabi, chargé de mission au ministère, a présenté la vision marocaine structurée autour de cinq piliers : souveraineté technologique, confiance des citoyens, développement massif des compétences, innovation responsable et équité territoriale. Il a expliqué que le réseau Jazari Institute et son cœur fédérateur, Jazari Root, constituent les fondations d’une capacité nationale durable en intelligence artificielle.

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En articulant vision stratégique, ancrage territorial et mobilisation de la jeunesse, le Rally IA Future Lab illustre la volonté du Maroc de faire de l’intelligence artificielle un levier majeur de développement. À Merzouga, le Royaume pose les bases d’une souveraineté numérique durable, portée par ses talents et par une dynamique institutionnelle qui entend inscrire l’innovation au cœur de son avenir.

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