Présidentielle française 2027 : Marine Le Pen échappe à l’inéligibilité, mais pas au bracelet

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Marine Le Pen (à gauche) et l'eurodéputée Catherine Griset quittent la cour d’appel, mardi 7 juillet 2026, après le verdict du procès des assistants parlementaires du RN. (Photo par Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)

La cheffe de file de l’extrême droite française Marine Le Pen a été condamnée mardi en appel à 15 mois ferme d’inéligibilité, une condamnation pour détournement de fonds européens qui lui permet d’être candidate à la présidentielle française de 2027.

Mais le tribunal l’a aussi condamnée à trois ans de prison, dont un sous bracelet électronique, un cas de figure qu’elle estimait récemment incompatible avec une candidature. « Quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements, et ça n’est pas le cas si vous êtes porteur d’un bracelet électronique », avait-elle déclaré mercredi sur la chaîne LCI.

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Elle devrait officialiser sa décision au journal télévisé de 20H00 de la chaîne TF1.

La décision de la cour d’appel de Paris était attendue par toute la classe politique française, car profondément structurante pour l’élection du chef de l’Etat qui succèdera à Emmanuel Macron au printemps 2027.

Marine Le Pen, 57 ans, a déjà réussi à se hisser deux fois au deuxième tour des trois dernières élections présidentielles (2017 et 2022). Les scores de son parti, le Rassemblement national, progressent depuis des années et l’extrême droite est en tête dans les sondages.

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Si Marine Le Pen n’est finalement pas candidate à cause de son bracelet électronique, son dauphin Jordan Bardella, 30 ans et président en titre du RN, sera candidat.

« Tous les scénarios »

La cour d’appel de Paris a indiqué en préambule de la lecture de la décision que, si les faits reprochés sont « graves », les peines d’inéligibilité prononcées ont été pondérées par « la liberté des candidatures » et « le libre choix des électeurs », « condition de l’expression démocratique ».

Si les juges en appel lui avaient infligé plus de deux ans d’inélégibilité, il lui aurait été impossible de se présenter.

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Lire aussi. Présidentielle française: Marine Le Pen dit qu’elle renoncera si elle doit porter un bracelet électronique

« Nous avons anticipé tous les scénarios », a assuré lundi M. Bardella depuis le Parlement européen à Strasbourg, se disant « serein et prêt à assumer les conséquences » de la décision de la justice.

Le 31 mars 2025, Marine le Pen avait été reconnue coupable d’avoir mis en place, entre 2004 et 2016, un « système » pour payer avec de l’argent du Parlement européen des salariés du Front national (l’ancien nom du parti), qui traversait alors des difficultés financières.

Elle avait été condamnée à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme, 100.000 euros d’amende et surtout une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate, brisant son élan vers la présidentielle.

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Elle avait dénoncé une décision « politique » des juges et une « chasse aux sorcières ».

« Libre de ses mouvements »

Après ses échecs au second tour en 2017 et 2022 contre Emmanuel Macron (et au premier tour en 2012), la fille de Jean-Marie Le Pen – figure historique de l’extrême droite française et fondateur du Front national (devenu Rassemblement national en 2018) – a le vent en poupe pour le scrutin de l’année prochaine, couronnement d’années de « dédiabolisation » du parti.

Les sondages la donnent en tête du premier tour, prévu le 18 avril. Fin mai, un institut l’annonçait même gagnante au second tour, le 2 mai, quel que soit l’adversaire.

Quelle que soit la décision, « nous ne nous découragerons jamais, nous lutterons toujours, nous irons jusqu’au bout, jusqu’à la victoire », a-t-elle lancé samedi, aux côtés de Jordan Bardella, dans son fief électoral du nord de la France.

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