L’UNESCO alerte sur une baisse de 30 % de l’aide à l’éducation

Publié le
L’AMDH tire la sonnette d’alarme face à la dégradation de l’enseignement public au Maroc
© DR

L’Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) craint un « net recul » de l’aide internationale à l’éducation qui pourrait atteindre 30% entre 2023 et 2027, selon ses nouvelles projections contenues dans son Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) publié vendredi.

« Nos projections montrent que la baisse de l’aide internationale à l’éducation pourrait atteindre 30% entre 2023 et 2027, perpétuant un cycle de sous-investissement, d’inégalités et de développement au ralenti », a averti le directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany, à l’occasion de la présentation du rapport à l’occasion du Sommet sur la transformation de l’éducation (TES+4) qui se tient au siège de l’organisation onusienne à Paris.

Quatre ans après l’historique Sommet sur la transformation de l’éducation convoqué par le secrétaire général des Nations Unies, l’UNESCO réunit des dirigeants du monde entier afin d’identifier des solutions à la crise du financement de l’éducation, « à l’heure où 113 pays dépensent plus pour le service de la dette que dans l’éducation ».

M. El-Enany regrette à cet égard que l’éducation, qui est « l’investissement le plus puissant qu’un pays puisse faire », reste pourtant « systématiquement sous-financée » alors que des mécanismes de financement innovants, tels que les échanges dette-éducation, existent déjà, soulignant qu‘ »il ne manque qu’une volonté politique pour les déployer à plus grande échelle ».

Le rapport de l’UNESCO fait apparaître une baisse continue de l’aide internationale à l’éducation qui aurait « reculé de 8 % en 2024 par rapport à l’année précédente, tandis que l’aide à l’éducation de base (préscolaire, primaire et premier cycle du secondaire uniquement) a chuté de 15 % ».

Il note que les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur ont déjà perdu plus d’un cinquième (21%) de l’aide à l’éducation qu’ils recevaient en 2023. Pour certains d’entre eux, parmi lesquels l’Afghanistan, le Libéria, le Mali ou le Niger, « la perte dépasse 40 % ».

Le rapport déplore également que l’éducation « chute dans l’ordre des priorités », sa part dans l’aide au développement étant tombée à 7,5% en 2024, « son plus bas niveau depuis deux décennies ». « En 2025, il aura suffi d’un jour et demi (37 heures) de dépenses militaires mondiales pour égaler ce que le monde consacre en une année entière à l’aide à l’éducation », relève le document.

L’UNESCO estime, en outre, que les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur font face à un déficit annuel de financement de l’éducation de 97 milliards de dollars, « un fossé qui ne cesse de se creuser ».

Lire aussi. UNESCO: le Maroc participe à la 38e session du programme MAB au Paraguay

Au-delà de la baisse de l’aide, l’alourdissement de la dette exerce une pression croissante sur les systèmes éducatifs dans une grande partie du monde en développement, estime l’institution onusienne qui appelle à repenser les priorités de financement en proposant une série de recommandations pour aider les pays à échapper au piège de la dette et à investir dans l’éducation.

L’organisation a publié notamment un guide technique consacré aux conversions de dettes au profit de l’éducation, des mécanismes censés permettre à un gouvernement de « convertir une partie de ses obligations au titre de sa dette extérieure en investissements ciblés dans l’éducation ».

Ses recommandations ont été présentées lors du Sommet sur la transformation de l’éducation + 4, qui marque, selon l’institution, une étape importante dans l’élaboration de l’agenda de l’éducation pour l’après-2030.

Le Sommet qui réunit plus de 30 ministres de l’Éducation, ainsi que des représentants de banques de développement, de la société civile, du monde enseignant et du secteur privé, ainsi que des jeunes, poursuit un double objectif, dont le premier, rappelle l’UNESCO, est d’ »accélérer » sachant qu’il ne reste que cinq ans pour atteindre l’Objectif de développement durable 4 visant à garantir à toutes et à tous une éducation inclusive, équitable et de qualité.

« Le second est de fixer un cap : les discussions d’aujourd’hui contribueront à définir l’agenda mondial de l’éducation pour l’après 2030. Car 2030 est une étape, non une ligne d’arrivée, et l’éducation demeurera le socle de l’ensemble des Objectifs de développement durable », conclut l’UNESCO.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

L’UNESCO alerte sur une baisse de 30 % de l’aide à l’éducation

S'ABONNER
Partager
S'abonner