Le Cameroun affronte le Maroc, le 16 novembre prochain à Casablanca pour le compte des…
Câble électrique Maroc-Allemagne: le mégaprojet à 30 milliards de dollars dans l’impasse
Publié le
Présenté comme un futur corridor énergétique stratégique entre le Maroc et l’Allemagne, le projet Sila Atlantik est freiné par des divergences entre Rabat et Berlin sur sa gouvernance, ses garanties et son fonctionnement, selon des sources proches du dossier.
Le mégaprojet de câble sous-marin intercontinental Sila Atlantik se heurte à des divergences sur sa structure et ses garanties. Pour rappel, ce projet vise à acheminer de l’énergie renouvelable du Maroc vers l’Allemagne via deux câbles sous-marins à haute tension, capables de fournir jusqu’à 5% de la demande électrique annuelle de la première économie d’Europe. Ces câbles, longs d’environ 4.800 kilomètres, seraient alimentés par près de 15 gigawatts d’installations solaires et éoliennes au Maroc, pour un coût total d’infrastructure estimé à environ 30 milliards de dollars, selon les développeurs du projet.
Cependant, selon deux sources marocaines et deux allemandes citées par Reuters, les autorités marocaines insistent pour obtenir un accord intergouvernemental formellement entériné par Berlin, afin de garantir un soutien étatique sur le long terme. Le Royaume souhaite également que la liaison permette une circulation de l’électricité dans les deux sens, plutôt qu’une simple option d’exportation vers l’Allemagne, une option jugée « techniquement faisable, mais économiquement plus coûteuse« , selon l’une des sources allemandes.
Autre point de friction: les autorités marocaines avaient promis de consacrer environ 150.000 hectares de terrain dans la région de Guelmim-Oued Noun au projet Xlinks, précédent projet similaire reliant le Maroc au Royaume-Uni, abandonné l’an dernier. Mais cette même allocation n’a pas encore été validée pour Sila Atlantik, a indiqué à Reuters un responsable régional.
Câble et interconnexions

6
Sollicitée par l’agence de presse britanique, la société allemande Sila Atlantik, créée spécifiquement pour ce projet après l’échec de Xlinks, n’a pas répondu directement aux questions sur ces discussions. Elle a seulement indiqué que le projet «progresse conformément à sa feuille de route technique, commerciale, réglementaire et financière» et qu’il continue «d’évaluer les options techniques et réglementaires qui soutiendront au mieux son développement à long terme».
De son côté, le ministère marocain de l’Énergie, également contacté par Reuters, a affirmé par email que «l’intégration régionale constitue un pilier clé de la stratégie de transition énergétique du Maroc», mettant en avant les projets visant à renforcer les interconnexions électriques avec d’autres partenaires européens.
