Le projet Xlinks, qui vise à établir une liaison électrique sous-marine entre le Maroc et…
Xlinks: Londres tourne le dos au projet de câble électrique sous-marin Maroc-UK
Publié le
Le gouvernement britannique a décidé de ne pas engager de négociations sur un contrat de préférence avec la société Xlinks, initiatrice du projet de liaison électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni, mettant ainsi un sérieux coup de frein à l’une des initiatives énergétiques les plus ambitieuses de ces dernières années.
Le gouvernement britannique a décidé de ne pas s’engager avec Xlinks, la société derrière l’ambitieux projet de liaison électrique sous-marine entre le Maroc et le Royaume-Uni. Un coup dur pour le projet de 24 milliards de dollars (environ 22,5 milliards d’euros), qui visait à alimenter le Royaume-Uni en énergie renouvelable produite au Maroc.
C’est le secrétaire d’État à la Sécurité énergétique et à la Neutralité carbone du Royaume-Uni, Ed Miliband, qui a mis un terme aux discussions sur un accord de garantie de prix, annonce Sky News. Ce contrat est crucial pour la viabilité du projet car il fixerait le prix garanti de l’électricité produite à partir des énergies renouvelables.
BREAKING: Miliband shuns £25bn UK-Morocco renewable energy project Xlinks https://t.co/j01BujmPrZ
— Sky News (@SkyNews) June 26, 2025
Le président de Xlinks, Dave Lewis avait, rappelons-le, exprimé son impatience face aux délais prolongés et aux changements fréquents de ministres de l’Énergie au Royaume-Uni (cinq ministres en moins de trois ans), ce qui a mis à rude épreuve la patience des investisseurs.
Le responsable avait dit dans un entretien à Bloomberg qu’un câble électrique sous-marin reliant le Maroc au Royaume-Uni pourrait générer jusqu’à 24 milliards de livres (300 milliards de dirhams) d’investissements, dont environ 5 milliards en Grande-Bretagne. Mais ce projet titanesque aurait besoin de «soutien politique pour devenir une réalité», avait plaidé Lewis.
Lire aussi. Xlinks: le projet de câble électrique sous-marin Maroc–Royaume-Uni mis en pause
Le Planning Inspectorate, organisme britannique chargé de l’examen des grands projets d’infrastructure, avait déjà suspendu en mai l’étude du dossier de Xlinks à la demande de la société, dans l’attente d’un signal clair du gouvernement sur le contrat de préférence. L’entreprise a désormais jusqu’à fin juillet pour décider si elle souhaite maintenir sa demande ou la retirer.
Dans une interview accordée au Sunday Telegraph, Lewis avait averti que le projet pourrait être redirigé vers d’autres marchés comme l’Allemagne, si le Royaume-Uni refusait de le soutenir.
Vers une révision de la stratégie ?
Le projet Xlinks a été désigné comme un «projet d’importance nationale» par le gouvernement britannique en 2023, soulignant son rôle stratégique dans la sécurité énergétique du Royaume-Uni. Il visait à alimenter 9 millions de foyers britanniques et réduire de 10% les émissions de CO2 du secteur énergétique du pays.
Aujourd’hui, Londres justifie sa décision par sa volonté de privilégier «des sources d’énergie locales». Mais de nombreux analystes y voient le reflet d’une instabilité politique persistante: cinq ministres de l’énergie se sont succédé en moins de trois ans, ralentissant les discussions sur le prix garanti demandé par Xlinks, estimé à 70 £/MWh — un tarif pourtant jugé compétitif face à l’énergie nucléaire ou à la biomasse.
Malgré ce revers, les promoteurs du projet ne semblent pas abandonner leurs ambitions. L’examen du dossier se poursuit, et le consortium reste mobilisé pour convaincre d’autres partenaires afin de pouvoir mettre ce projet sur pied.
