Prix des médicaments : décryptage d’une réforme très attendue

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Après plusieurs semaines de concertations, le Conseil de gouvernement a adopté, mercredi 22 juillet 2026, le projet de décret n° 2.25.631 modifiant les conditions de fixation des prix des médicaments. Entre la baisse des majorations sur l’importation, la fin du calcul en escalier pour les génériques et un renforcement de la transparence pour les laboratoires, cette réforme vise à alléger la facture de santé des citoyens tout en préservant l’équilibre des officines. Focus sur les principales dispositions de ce nouveau cadre réglementaire.

Réuni le mercredi 22 juillet 2026 sous la présidence du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, le Conseil de gouvernement a approuvé le projet de décret n° 2.25.631. Ce texte modifie et complète le décret n° 2.13.852 du 18 décembre 2013 relatif aux conditions et modalités de fixation du prix de vente au public (PPV) des médicaments fabriqués localement ou importés. Cette réforme majeure réévise les mécanismes de tarification afin d’alléger la facture de santé des citoyens tout en garantissant la pérennité des régimes d’Assurance Maladie Obligatoire (AMO).

Une révision des mécanismes de tarification

La première disposition phare de ce décret repose sur la refonte des méthodes de calcul appliquées aux produits pharmaceutiques. La majoration appliquée aux médicaments importés est nettement revue à la baisse, passant de 10 % à 2,5 %, ce qui réduit de manière directe le coût des molécules provenant de l’étranger. Parallèlement, le gouvernement abandonne la logique de calcul « en escalier » jusqu’ici appliquée aux médicaments génériques. Ce choix permet d’établir un mode de fixation plus simple, plus transparent et plus compétitif. L’effort de baisse cible en priorité les médicaments dont le prix excède 300 dirhams ainsi que les traitements pour maladies lourdes et chroniques, afin de réduire le reste à charge des ménages.

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Le texte renforce significativement les obligations d’information imposées aux établissements pharmaceutiques. Les laboratoires devront désormais fournir aux autorités sanitaires un détail rigoureux des coûts de production, d’importation et de distribution pour justifier leurs propositions tarifaires. Cette mesure vise à donner une parfaite visibilité à l’administration sur la formation réelle des prix et à prévenir les écarts injustifiés entre les médicaments produits localement et ceux importés de l’étranger.

Un encadrement strict des révisions de prix

La réforme réorganise également les procédures de réévaluation des tarifs. Le projet de décret encadre plus rigoureusement les conditions dans lesquelles un laboratoire peut solliciter une hausse ou un réajustement de prix. En contrepartie, il dote l’administration d’outils plus réactifs pour réévaluer les prix à la baisse lorsque les conditions du marché évoluent ou que les prix de référence internationaux chutent. L’objectif est d’assurer une stabilité tarifaire globale tout en préservant l’équilibre du secteur pharmaceutique national.

Sur le plan économique, cette révision tarifaire devrait générer près d’un milliard de dirhams d’économies annuelles, réparties entre les régimes de couverture médicale et le budget des ménages. Afin d’éviter de fragiliser le tissu économique de la distribution, le gouvernement a veillé à intégrer des garanties pour sauvegarder l’équilibre des pharmacies d’officine, en préservant environ 80 % de leur chiffre d’affaires. La baisse des prix sur les produits les plus coûteux doit être compensée par une hausse des volumes délivrés, garantissant ainsi un accès plus équitable et élargi aux soins sur l’ensemble du territoire national.

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