Le gouvernement s’apprête à finaliser l’adoption d’un décret visant à réduire les prix des médicaments.…
Réforme des prix des médicaments: les pharmaciens haussent le ton après l’adoption du décret
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La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM) ne digère pas la réforme du prix des médicaments adoptée lors du dernier Conseil de gouvernement, et dénonce une mesure cavalière du ministère de tutelle.
Les tentatives d’opposition à la réforme du prix des médicaments, entrepris par Mohamed Lahbabi et ses pairs pharmaciens réunis au sein de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM), viennent de connaître un sérieux revers. Trois semaines après un premier courrier d’opposition à l’inscription de l’examen de la réforme à l’ordre du jour du Conseil de gouvernement, cette fois, c’est l’adoption officielle du texte, le 22 juillet, qui suscite la colère de l’organisation.
Dans un communiqué publié ce lundi, la CSPM déplore un «mépris total» des propositions formulées par la profession et accuse le ministère de la Santé et de la Protection sociale d’avoir mené une démarche «non participative» et «excluante».

Au registre des griefs, la Confédération estime que les amendements introduits par le décret n° 2.25.631 ne corrigent pas les déséquilibres créés par le texte de 2013. Des déséquilibres qui ont occasionné, selon elle, plusieurs conséquences: aggravation des ruptures d’approvisionnement en médicaments à bas prix, recul de la souveraineté pharmaceutique nationale avec une production locale tombée de 80% à environ 50% des besoins, impact limité sur le pouvoir d’achat des citoyens et fragilisation accrue des pharmacies, déjà confrontées à une situation économique difficile.
Une réforme taxée de politique?
Pour la CSPM, les mesures envisagées par la réforme risquent de reproduire les mêmes effets négatifs que par le passé, voire les amplifier. Elle rappelle que ses propositions reposaient sur une approche équilibrée: baisse des prix des médicaments coûteux, maintien de la viabilité des caisses d’assurance et stabilité du réseau des pharmacies, considéré comme un pilier de la sécurité sanitaire nationale.
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Dans son communiqué, la Confédération met en cause la gouvernance du ministère, évoquant une gestion marquée par des considérations politiques liées au contexte électoral plutôt que par une logique institutionnelle. Elle tient le gouvernement et le ministère de la Santé pour responsables des conséquences de ce décret sur la sécurité médicamenteuse et sur la stabilité du secteur, rappelant que près de 50% des pharmacies vivent déjà une situation économique fragile, comme l’avait souligné le rapport du Conseil de la concurrence en 2021.

Pour clore, Mohamed Lahbabi réaffirme l’engagement de la CSPM à défendre le droit des citoyens à un médicament disponible et abordable, à protéger le réseau national des pharmacies et à soutenir une industrie pharmaceutique marocaine capable de renforcer la souveraineté sanitaire du Royaume. La Confédération promet à cet effet de poursuivre ses initiatives pour obtenir une révision du décret dans le cadre d’un dialogue «responsable et équilibré».
