L'investissement dans l'hébergement touristique devraient atteindre 8 milliards de dirhams (MMDH) en 2024, ce qui…
Tourisme: le succès marocain expliqué par la ministre Fatim-Zahra Ammor
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Lors d’une rencontre organisée jeudi dernier à Casablanca, dans un cadre ramadanesque, Fatim-Zahra Ammor, la ministre du Tourisme, de l’Artisanat, de l’Économie Sociale et Solidaire, a mis en relief les bases du succès touristique du Maroc.
Positionner le Maroc parmi les plus grandes destinations mondiales et faire du secteur du tourisme l’un des premiers contributeurs à l’économie marocaine, telle est l’ambition de Fatim-Zahra Ammor. Une ambition qui, selon elle, est loin d’être un vœu pieux. «Ce n’est plus un souhait, c’est notre réelle trajectoire», a déclaré la ministre alors qu’elle s’adressait à un auditoire réuni pour un ftour-débat à Casablanca.
Organisé par Finance News Hebdo dans le cadre de ses rendez-vous “Les nuits de la finance“, ce débat a mis la ministre du Tourisme face à un public composé d’acteurs du secteur, d’économistes, de la presse et même d’étudiants. Le thème choisi pour cette rencontre portait sur : « Cap 2030 : perspectives et vision touristique ».
D’entrée de jeu, la ministre a inscrit l’expérience touristique que vit actuellement le Maroc comme faisant partie d’une dynamique gouvernementale. Celle-ci vise, sous le leadership du Roi Mohammed VI, à opérer un certain nombre de transformations profondes et de réformes structurelles. L’objectif est de placer le Maroc sur une trajectoire de croissance durable et inclusive. La ministre a nommément cité la généralisation de la protection sociale, la réforme de la santé, la refonte du système éducatif et celle du code de la famille comme autant de chantiers accompagnant ce changement sociétal.
Tourisme marocain: une success-story
Pour en revenir au tourisme, Fatim-Zahra Ammor a passé en revue les récents indicateurs qui témoignent de son essor : 7 % du PIB national, 827 000 emplois directs, dont 25 000 créés pour la seule année 2023. Et en 2024, toutes les attentes ont été dépassées, fera savoir la ministre, avec un record de 17,4 millions de touristes enregistrés, correspondant à une augmentation de 20 % par rapport à 2023, et 112 milliards de dirhams de recettes en devises. Ce qui a permis au Maroc de quasiment atteindre, deux années à l’avance, les objectifs fixés dans la feuille de route 2023-2026.
S’ils sont impressionnants à tout point de vue, «ces chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire», dira la ministre. Elle poursuivra : «ce qui se cache derrière, c’est une stratégie claire, une exécution rigoureuse et surtout, une volonté politique inébranlable». La ministre rappellera en effet comment «le secteur touristique était au point mort» en 2021, avec des frontières fermées, Marrakech plongée dans le silence, ainsi que des milliers d’entreprises au bord du gouffre.
Une situation qui a nécessité des décisions courageuses du gouvernement. «Alors que d’autres pays hésitaient encore, nous avons fait le choix d’investir massivement», relate la ministre. Ainsi, 8 milliards de dirhams ont été déployés dans le cadre du plan d’urgence post-Covid et du lancement de la feuille de route 2023-2026.
Les objectifs de cette feuille de route, a-t-elle précisé, ont été fixés après un benchmark avec des pays comme la Croatie, le Portugal, la Grèce et la Turquie. Ces pays ont respectivement réussi à attirer, sur la période 2010-2019, 8, 10, 16 et 19 millions de touristes, contre seulement 3 millions de visiteurs supplémentaires pour le Maroc. Fatim-Zahra Ammor de raconter : «ce sont ces chiffres qui nous ont convaincus du potentiel extraordinaire du tourisme marocain (…). Et c’est ainsi qu’est née notre vision : accueillir 26 millions de touristes à l’horizon 2030 et hisser le Maroc parmi les 15 premières destinations touristiques mondiales».
Une offre basée sur l’expérience
Aujourd’hui, les objectifs intermédiaires de cette vision, fixés à 17,5 millions de touristes, 120 MMDH de recettes et 200 000 nouveaux emplois en 2026, ont pratiquement tous été atteints, deux années à l’avance. Un véritable exploit qui trouve son explication dans la ferme volonté politique du gouvernement de non seulement relancer le secteur, mais mieux, de le transformer en profondeur.
Il a fallu, pour ce faire, redéfinir l’offre touristique «basée sur l’expérience client et non pas sur la destination», en la structurant autour de filières thématiques prisées par les touristes, et dans lesquelles le Maroc a gagné en maturité, «ainsi que des filières transverses, qui valorisent le patrimoine matériel et immatériel du Maroc pour offrir des expériences uniques à chaque visiteur».
La ministre a fait remarquer que le déploiement de cette offre a nécessité un certain nombre de leviers, parmi lesquels l’aérien, avec la perspective d’accroître de 20 % les capacités chaque année ; l’investissement dans les capacités hôtelières et l’animation pour enrichir l’expérience touristique ; et les ressources humaines, pour répondre aux exigences de qualité et aux attentes des visiteurs internationaux. Mais attention, «ces leviers ne sont pas isolés, ils forment un écosystème cohérent qui permet de créer une industrie touristique performante et durable», a précisé Fatim-Zahra Ammor.
Et comme si les astres s’étaient alignés en faveur du Maroc, l’organisation de la Coupe du Monde 2030 s’est ajoutée aux divers chantiers structurants déjà en cours. «C’est une opportunité unique pour accélérer nos ambitions, moderniser nos infrastructures et renforcer notre position sur la scène internationale», s’est réjouie la ministre.
En somme, cette tribune a été l’occasion pour la ministre de montrer comment la nouvelle vision du tourisme marocain avance avec méthode et détermination dans une dynamique exceptionnelle.
