Casablanca: Driss Benhima plaide pour une identité culturelle et un palais des congrès

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Casablanca Driss Benhima
Driss Benhima s'exprimant lors du 4e forum interactif sur le Tourisme, Casablanca 1er juillet 2026 ©NGY

Casablanca doit se définir une identité sur laquelle elle devra largement communiquer, tout en renforçant son animation culturelle. C’est ce qu’a défendu Driss Benhima, ancien ministre et ex‑patron de Royal Air Maroc, lors du 4ᵉ Forum interactif du tourisme organisé mercredi dans la capitale économique du Royaume.

Invité à intervenir lors du forum, Driss Benhima s’est distingué par la profondeur et la cohérence de son discours. En fin connaisseur du sujet, il a disséqué la thématique «Quels leviers d’accélération pour Casablanca‑Settat avec les segments city break et tourisme d’affaires?». Ancien ministre aux multiples portefeuilles, ancien directeur général de Royal Air Maroc et ancien wali du Grand Casablanca, il s’est exprimé en connaissance et en conséquence de cause.

Driss Benhima a édifié l’assistance présente de ce qui a pris l’allure d’un cours magistral. Une assistance riche en personnalités, parmi lesquelles Abdellatif Maazouz, président du Conseil régional de Casablanca‑Settat, Othmane Cherif Alami, président du Conseil régional du tourisme, et Mohamed Jouahri, directeur général de Casa Events et Animation.

«Un des faits majeurs concernant le tourisme à Casablanca, c’est qu’il n’a jamais été dans les programmes nationaux du tourisme», a affirmé l’ancien ministre du Tourisme. Un propos qu’il a démontré en explorant quelques stratégies nationales déployées à l’époque. «C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons fondé le premier CRT du Royaume», a‑t‑il ajouté.

Tourisme à Casablanca: les freins 

Benhima a pointé le manque de pertinence accordé à Casablanca dans les stratégies ultérieures: «Dans la Vision 2020, là encore, on s’est branché sur le tourisme culturel balnéaire. Et on n’a pas vu quels étaient les atouts de Casablanca en tant que destination touristique.» Pourtant, selon lui, la prise en compte du facteur tourisme aurait le mérite de résoudre la problématique de la circulation routière à laquelle la métropole est confrontée.

Il a également défendu une position qui prévaut encore: la non‑desserte de Casablanca par les vols low‑cost. «Si on n’avait pas interdit les vols low‑cost à Casablanca, il n’y aurait plus eu de Royal Air Maroc aujourd’hui», a‑t‑il affirmé. Et de renchérir: «On l’a fait pour une raison incontestable: la qualité de l’aérogare. On aurait laissé entrer les low‑cost à Casablanca, l’aéroport serait devenu épouvantable.»

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Une vue de Casablanca. ©DR

En dépit de l’absence d’une stratégie véritable, Benhima assure que la ville blanche est la deuxième destination touristique du Maroc, évoquant des chiffres parlants. La métropole enregistre plus de 1,6 million de nuitées par an, correspondant à 8 % des nuitées, la plaçant au 3ᵉ rang national. Et entre 2022 et 2024, la croissance des nuitées a atteint 17 %.

Lire aussi. Tourisme: Casablanca-Settat se positionne comme capitale du City Break et du MICE

Il n’a pas occulté les nombreux freins au boom touristique de la capitale économique. Il a notamment évoqué le déficit d’animations, soulignant qu’il est impensable d’être une destination compétitive en city break sans enrichir l’offre culturelle. «Jazzablanca, ça ne suffit pas. Il faut au minimum un événement majeur par mois», a martelé l’intervenant. Toujours au registre des freins, il a cité la circulation, la corniche «inadaptée», la Médina «sans âme», des attractions insuffisantes et la négligence constatée sur certains joyaux touristiques tels que la mosquée Hassan II, pourtant la 2ᵉ plus grande au monde.

Trois axes pour relancer Casablanca

Driss Benhima a présenté trois axes pour rectifier le tir. Le premier est la construction d’un palais des congrès doté d’une salle d’exposition. Le deuxième consiste à doter la ville d’une identité culturelle. «Casablanca doit se doter d’une personnalité de ville claire, différenciante et déclinable en plan communicationnel. Et bien entendu, ce plan de communication constitue le dernier pan de ses recommandations», a‑t‑il précisé.

«C’est la ville du Maroc la mieux connectée, et la ville d’Afrique la mieux connectée au reste de l’Afrique. L’on peut très bien l’ériger comme capitale africaine, il y a les atouts et il faut construire les produits pour accompagner une telle ambition», résumera Driss Benhima pour conclure son intervention.

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