Alors que la saison des récoltes d'olives et de production de leur huile touche à…
Rachid Benali, président d’Interprolive: «L’importation a fait baisser les prix de l’huile d’olive, mais…»
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Alors que les fluctuations sur le prix de l’huile d’olive ont nécessité courant 2024 l’ouverture à l’importation de ce produit prisé par les marocains, Rachid Benali, président de l’Interprofession marocaine de l’olive (Interprolive), dresse un bilan de l’impact de cette mesure, et fait part de ses observations concernant la filière.
H24Info: Comment évaluez-vous de la mesure d’importation adoptée l’an dernier pour atténuer les hausses vertigineuses sur le prix de l’huile d’olive ?
Rachid Benali: Le bilan est mitigé. Les effets de cette mesure sont très variables. D’un côté, certaines marques ont vu leurs prix baisser, notamment celles qui importent de Tunisie, où les coûts sont nettement inférieurs. Mais, d’un autre côté, certaines marques ont conservé leurs prix inchangés, en raison de leur positionnement ou de leur qualité.
Chez les producteurs locaux, les prix ont beaucoup chuté. Alors qu’ils se situaient entre 85 et 90 dirhams alors, ils sont aujourd’hui compris entre 65 et 70 dirhams. Cela montre un impact significatif au niveau des ventes en gros.
Pour le consommateur final, c’est plus nuancé. Certains produits affichent une baisse, tandis que d’autres restent chers. Cette situation est liée à la diversité des catégories d’huile d’olive, notamment entre l’huile courante, extra-vierge, premium, etc.
Peut-on affirmer que les objectifs de cette mesure ont été atteints ?
Pas entièrement. Si les prix de certaines marques ont diminué, d’autres restent élevés, en particulier les huiles italiennes et espagnoles. Cela s’explique par leur qualité supérieure et leur positionnement sur le marché. Les importations ont tout de même permis une tendance générale à la baisse, mais les disparités demeurent. Par ailleurs, les prix sont libres, ce qui rend difficile une homogénéité entre les différentes marques et types d’huiles.
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Quelles sont les chiffres définitifs de la campagne oléicole 2024-2025 ?
Pour l’instant, nous n’avons pas encore de chiffres définitifs, mais la prochaine campagne s’annonce prometteuse, car les récentes pluies sont arrivées à un moment stratégique pour la croissance des oliviers, ce qui est encourageant. Cependant, il est encore trop tôt pour se prononcer sur l’impact exact dans certaines régions, notamment à Marrakech où les arbres avaient fortement souffert de la sécheresse.
Le rôle des intermédiaires est aujourd’hui un sujet chaud, elle est votre position sur le sujet ?
Les intermédiaires ont un rôle majeur dans la formation des prix. Par exemple, alors que les prix à la ferme tournent autour de 65 dirhams, ils peuvent atteindre 90 dirhams sur le marché. Ces écarts s’expliquent par leur intervention dès les ventes d’olives sur pied. Ce phénomène n’est pas propre à notre secteur, mais il est particulièrement marqué dans la filière oléicole.
Quant à limiter leur influence, c’est une tâche complexe. Malgré les ambitions affichées par certains secteurs, aucune interprofession, y compris la nôtre, n’a réussi à éradiquer ce phénomène.
L’importation massive d’huiles pourrait-elle menacer la compétitivité des producteurs marocains ?
C’est un risque à ne pas négliger. Les producteurs locaux subissent déjà une forte pression, notamment avec la baisse des prix à la sortie. Cependant, la qualité reste un atout différenciant pour les huiles marocaines, notamment sur le marché local et à l’export. Les importations apportent certes une concurrence, mais elles permettent aussi d’ajuster le marché pour le consommateur.
