Le rêve brisé des infirmiers marocains au Québec

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Covid
Une infirmière préparant une dose de vaccin. (Photo de FADEL SENNA / AFP)

Des centaines d’infirmiers marocains recrutés par le Québec en 2022 ont vu leur rêve se transformer en cauchemar en raison de l’isolement, du manque d’accompagnement et de la difficulté du programme de formation, selon un rapport interne du gouvernement québécois.

Certains rêvaient d’une vie meilleure, d’un changement d’air ou de la promesse d’un avenir prometteur pour leurs enfants au pays de l’Érable. Ils ont franchi le pas, quittant ainsi leurs postes dans la santé publique. Eux, ce sont des centaines d’infirmiers et d’infirmières marocains qui ont opté pour le programme de recrutement d’infirmiers étrangers lancé en 2022 par le ministère québécois de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).

Sauf que le rêve a viré au cauchemar pour bon nombre d’entre eux. Isolement, manque d’accompagnement, complications administratives… Ces soignants se sont rapidement heurtés à des « obstacles majeurs ». C’est en tout cas ce qu’affirme un rapport interne du département chargé de l’Immigration, relayé par La Presse Canadienne.

Un témoignage recueilli par l’agence de presse illustre la difficulté d’intégration de ce personnel soignant. Un infirmier expliqué, sous le couvert de l’anonymat, « qu’il ne s’attendait pas à l’imposante charge de cours de plusieurs mois visant à harmoniser l’expérience des infirmiers étrangers avec les normes québécoises« . Titulaire d’un diplôme d’infirmier obtenu dans son pays d’origine en 2019, il rapporte que « les participants ont été traités comme des enfants et n’ont pas reçu les informations adéquates« .

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Ces soignants ont été affectés dans diverses régions du Québec, souvent éloignées des centres urbains. Trouver un logement abordable représentait donc un défi, particulièrement pour ceux qui arrivaient avec jusqu’à cinq enfants. De plus, le manque d’antécédents de crédit les désavantageait considérablement, comme le souligne le rapport.

Le manque de places en garderie a également contraint certains couples à sacrifier la carrière de l’un des conjoints pour pouvoir s’occuper des enfants. « Plusieurs régions ne disposent pas d’un réseau de transport en commun performant, ce qui a obligé les infirmières à obtenir un permis de conduire québécois et à acheter une voiture, une dépense imprévue pour certaines », précise La Presse Canadienne.

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Et ce n’est pas tout. Le rapport a relevé des difficultés liées au programme de formation, dont la durée peut atteindre quatorze mois, dans un contexte marqué par un manque d’encadrants et de superviseurs. Lorsqu’une recrue échoue à un cours, elle est exclue du programme et perd l’accès au soutien financier, y compris le travail à temps partiel. Bien qu’il soit possible de se réinscrire, elle n’est pas autorisée à travailler pendant ce temps. Cette situation « peut durer des mois », révèle l’agence.

Depuis deux ans, le Québec a recruté un millier d’infirmiers et d’infirmières dans des pays africains, dont notamment le Maroc. En octobre dernier, Rabat a demandé l’exclusion des Marocains de ce programme à partir du deuxième trimestre de 2024, une consigne que le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration a respectée par souci d’éthique.

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